Vous êtes-vous jamais demandé si vous étiez surdoué ?

2 octobre 2017//http://theconversation.com/Valérie Pennequin

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2017, qui se tient du 7 au 15 octobre, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.

On les dit surdoués, précoces, ou encore hauts potentiels. Ces terminologies sont aujourd’hui employées indifféremment pour parler de certains enfants ou adultes aux capacités exceptionnelles. Pourtant, elles ne sont pas synonymes. Chacune renvoie à une façon spécifique de considérer ces talents à part et d’aider ceux qui les possèdent à en tirer parti.

Il peut être réconfortant, dans nos sociétés modernes valorisant l’intelligence, de se considérer comme surdoué. Dans l’esprit de la plupart de nos concitoyens, ce mot évoque des personnes « trop intelligentes pour être heureuses », pour reprendre le titre du premier best seller en France sur le sujet, écrit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. Selon cet auteur, une intelligence supérieure à la moyenne pourrait entraîner des problèmes d’adaptation scolaire, émotionnelle et sociale. Ainsi la « douance » peut constituer une explication valorisante à qui se vit en situation d’échec sur ces différents plans.

Si je me suis ennuyé à l’école, si j’ai eu de mauvais bulletins scolaires, si j’ai un penchant pour la solitude ou que je suis souvent à fleur de peau, se pourrait-il que je sois un surdoué non détecté ? Face à ce questionnement, la tentation est grande de se précipiter sur un test de quotient intellectuel (QI) disponible sur Internet. Or il mérite une réflexion bien plus approfondie, si l’on veut véritablement en retirer un bénéfice.

Le talent comme un « don »

Le terme de surdoué – le plus courant – renvoie au fait de posséder un don. Ce dernier peut être vu, selon la grille de lecture du monde propre à chacun, comme un cadeau de l’hérédité, du hasard ou encore de Dieu. L’image qui vient est celle des bonnes fées se penchant sur le berceau de l’enfant, comme dans le conte de la Belle au Bois Dormant, dotée dès la naissance de la beauté, de la grâce ou de l’esprit. Le surdouement est considéré comme un « surplus » de capacités, comparées à celles des autres. Il y a, dans cette conception, un certain déterminisme, sous entendant que l’individu n’a pas de contrôle sur le talent qu’il a reçu.

La notion de précocité, elle, renvoie à un point de vue différent, celui du développement de l’individu au cours de sa vie. Le psychologue Todd Lubart, professeur à l’université Paris Descartes, l’explique plus en détail dans l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2006. Ce terme correspond à une conception linéaire du développement des capacités intellectuelles de l’individu, de sa naissance à l’âge adulte, théorisée par le psychologue suisse Jean Piaget au milieu des années 1960.

Ainsi les précoces le seraient essentiellement dans leur scolarité, considérés comme « en avance » sur la majorité des élèves du même âge. Le système scolaire leur propose d’ailleurs parfois de « sauter » une classe. Cette conception a cependant été remise en question par les recherches plus récentes en psychologie. De nombreux travaux ont montré que le développement intellectuel subissait des accélérations importantes à certaines périodes, mais aussi des régressions à d’autres. On peut par exemple observer chez l’adulte des erreurs grossières de raisonnement logique, alors que le bébé, lui, se montre bien plus logique qu’on ne croyait, comme l’a montré le psychologue Olivier Houdé en 1995. La notion de précocité s’avère donc bien plus complexe qu’envisagé initialement.

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Surdoué : un parcours semé d’embûches

Par Thierry Léon, Rajmeela Seetamonee

Être surdoué peut être une arme à double tranchant.

Les enfants surdoués jouissent d’un système de pensée hors du commun, mais il peut les jouer des tours. Il existe bel et bien de jeunes surdoués à Maurice, mais les professionnels notent un manquement au niveau de l’encadrement.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés »

« On naît surdoué, on ne le devient pas », fait comprendre Anishta Gunesee, docteur en sciences de l’éducation & psychologie de la santé, spécialisation en développement de l’enfant et de l’adolescent. Elle explique qu’un enfant surdoué est aussi appelé un enfant précoce, intellectuellement précoce ou encore un enfant à haut potentiel (HP).

« Toutefois, les qualifier de précoces revient à dire que ces enfants seraient simplement en avance et qu’un jour, ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est pas le cas », dit-elle d’emblée. Il est scientifiquement prouvé qu’un enfant surdoué a une intelligence plus intuitive que raisonnée. Les informations sont traitées plus rapidement et redistribuées dans toutes les zones du cerveau.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés », dit-elle. Ainsi, les enfants HP ont un parcours semé d’embûches et d’incompréhension, tant sur le plan social que scolaire. Les parents et les enseignants ont un rôle crucial à jouer.

Selon notre interlocutrice, l’école et les surdoués ne font généralement pas bon ménage. Dans certains cas, les enseignants reprochent à ces enfants d’être distraits, des perturbateurs ou des bavards.

« Ils ne travaillent pas en classe et ont des résultats scolaires médiocres. Leur impatience face à un enseignement qui ne va pas assez vite et leur aversion pour l’effort et la répétition mettent les adultes non informés et non préparés à la précocité, sur une mauvaise voie », dit-elle.

Donc, pour aider ces enfants à vivre leur différence comme une richesse, il est indispensable que leur entourage les comprenne et les accompagne. L’objectif est de leur permettre de construire une identité stable et de s’épanouir, comme n’importe quel autre enfant.

On s’attend à ce que l’enfant travaille bien à l’école et à ce qu’il ait des notes excellentes. Il est inutile de le surcharger. Même s’il finit par tout enregistrer, cela ne modifie en rien son système de pensée.

En primaire, certains surdoués, qui apprennent très vite, ont tendance à ne pas travailler. D’autres s’en sortent avec de très bons résultats. « D’autre part, les enfants surdoués peuvent supporter très mal l’échec. Pour eux, un 18/20 peut être vécu comme un drame. Au collège, il semble que les jeunes surdoués parviennent à composer avec leur intelligence. Ils viennent avec les réponses, mais ils sont incapables de les expliquer et de les développer », observe-t-elle.

En général, certains HP ont des difficultés dans des domaines comme la psychomotricité, le graphisme, des troubles de l’attention et d’ordre affectif. Certains ne voient pas l’intérêt de ce que l’enseignant leur demande, ou ne décodent pas les règles de vie implicites de l’école.

« De ce fait, ils répondent à côté voire apportent des réponses beaucoup trop complexes. Ils s’ennuient et s’agitent. C’est le premier moment d’alerte », signale-t-elle.

Tests de QI

« Le QI ne détermine pas sa personnalité. Être surdoué regroupe le potentiel intellectuel et la personnalité psychoaffective »

Isabelle d’Abbadie-Di Betta : « Absence d’une réelle volonté politique »

« Il est préférable de remplacer le terme par doué, haut potentiel intellectuel et émotionnel ou “gifted”. Les enfants doués, surtout très jeunes, nécessitent beaucoup d’attention, donc de temps et de disponibilité. Ces besoins sont toutefois incompatibles avec des classes surchargées ainsi que les ambitions économiques de bon nombre d’établissements et du système »

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Un surdoué au travail, ça ressemble à quoi ?

Béatrice Duka//Le 4-09-2017//Dirigeant.fr


Enfants, on les traitait d’intellos.
Dans le monde du travail, on les appelle les talents !
Qui sont-ils vraiment, ces agités du ciboulot ?
Quelles valeurs apportent-ils en entreprises ?

Perfectionnistes, persévérants, exigeants, dotés d’un esprit créatif et novateur, ils proposent des solutions originales pour résoudre des problématiques complexes. Décelant facilement la moindre faille de raisonnement ou le moindre dysfonctionnement, ils sont pourtant souvent en proie au doute et développent pour la plupart ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur (1).

Dans l’inconscient collectif, on imagine le surdoué avec un look « premier de la classe », des lunettes en cul de bouteille nichées sur le bout du nez, arrogant, pédant, un brin moralisateur. Et cette image lui colle à la peau depuis sa plus tendre enfance : En cause, sa curiosité naturelle, ses centres d’intérêt un peu particuliers, son côté « je sais tout », et son vocabulaire trop riche.

Etre intello, c’est mal perçu dans les cours de récré : Ses camarades l’évitent, le raillent : blessé et déjà conscient des ses différences sans pouvoir les expliquer ni même y remédier, il se sent frustré, incompris, inadapté. Il agit alors comme un véritable caméléon, développant des stratégies d’adaptation pour se fondre dans la masse, renonçant à être lui-même pour se conformer à ce que les autres attendent de lui. Objectif : se faire accepter.

Les recruteurs quant à eux l’imaginent sortant de grandes écoles, bardé de diplômes. Bien souvent, son cursus scolaire et son CV témoignent du contraire : Qui dit surdoué ne dit pas forcément parcours brillant. En effet, les surefficients sont pour la plupart des autodidactes qui semblent multiplier les expériences professionnelles autant que leurs hobbies, allant jusqu’à changer totalement d’orientation professionnelle en cours de route, ce qui, au regard des employeurs, ne constitue pas forcément un atout. A tort…

Touche à tout, il aura besoin d’explorer de nouvelles activités tant sur le plan personnel que professionnel. Ce qu’on prendra pour de l’instabilité ne révèle en fait qu’une incapacité à travailler sur des tâches répétitives. Il a constamment besoin de s’accomplir dans de nouvelles missions et d’être sollicité sur de vrais challenges, faute de quoi, il s’ennuie. Pour exploiter au mieux ses capacités, confiez-lui des activités à développer, des réorganisations à mener ou des projets à mettre en place, épanoui dans l’action, vous aurez alors affaire à un véritable bourreau de travail. Grâce à sa pensée en arborescence, il a un raisonnement global et intuitif : Il réfléchira non seulement aux enjeux, mais aussi à tous les détails qui pourraient faire échouer le processus, de manière logique, séquencée, comme un ordinateur auquel on injecte des données à analyser.

Lorsqu’il est confronté à un sujet qu’il n’a jamais abordé, si celui-ci le passionne, il pourra devenir un véritable expert en quelques jours seulement. Tel le boulimique, il engloutit une à une toutes les informations qu’il trouve, écumant les ouvrages avec avidité jusqu’à en extraire le moindre petit détail. Et cette boulimie ne prendra fin que lorsqu’il aura la sensation d’avoir exploré tout ce qu’il avait à savoir sur le sujet, repu. Bien souvent, on le verra s’intéresser à des domaines aussi variés que la mythologie, les sciences (mathématiques, astrophysique, biochimie…), la politique, la psychologie, l’anthropologie, la littérature, l’histoire de l’art… Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas pour être plus intelligent qu’il ingurgite tout ce savoir : il est tout simplement incapable d’agir autrement. Il est d’ailleurs le premier à en souffrir. Il n’est pas rare de l’entendre dire qu’il préférerait être normal et qu’il donnerait n’importe quoi pour trouver le bouton « off ».

Ce fonctionnement se retrouvera également dans le monde du travail. Un peu extra-lucide, grâce à sa curiosité maladive et à sa mémoire phénoménale, il perçoit facilement les événements à venir et leurs conséquences. Il saura quelles voies emprunter sans pour autant pouvoir les argumenter de manière rationnelle, ce qui amènera parfois ses collaborateurs ou ses responsables à douter de lui. Se sentant frustré et incompris, il sera alors confronté au syndrome de Cassandre (2). En effet, là où la plupart des « normopensants » acquièrent leurs compétences à force d’apprentissages académiques et de répétitions dans l’accomplissement d’une tâche, le surdoué quant à lui, possède des dons innés qui ne s’appuient sur aucune connaissance particulière, IL SAIT, C’EST TOUT. En lui faisant confiance, vous obtiendrez le meilleur de lui-même !

Employeurs, RH, agences d’intérim, chasseurs de têtes, recruteurs de tous bords, Vous avez aimé les sous-doués en vacances ? Et si vous essayiez les surdoués au travail ? S’il vous arrivait encore de tomber sur un CV atypique aux compétences multiples, réfléchissez-y à deux fois avant de l’écarter. Si celui-ci ne répond pas aux normes attendues, c’est peut-être que vous avez affaire à une personnalité hors norme qui apportera une vraie valeur en entreprise.

(1) Syndrome de l’imposteur : appelées aussi syndrome de l’autodidacte, les personnes qui en sont atteintes expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre. » (Source : Wikipedia).
(2) Syndrome de Cassandre : le syndrome de Cassandre est une expression tirée de la mythologie grecque. Cassandre avait reçu le don de Prophétie et la malédiction de ne jamais être crue.

L’article

Les talents surdoués, des potentiels pour l’innovation digitale et la transformation des rapports humains

Publié le 22 septembre 2016: Carrière & Leadership

Souvent, tout se déroule pour le mieux pour un talent surdoué et son équipe lors de ses premiers mois ou même lors de ses premières années au sein d’une organisation. Et il se passe quelque chose. Il propose une idée, une autre manière de voir les enjeux. Cela fait plus ou moins de bruit. En tant que DRH ou dirigeant, vous en entendez parler comme d’un malentendu, vite résolu parfois, et tout rentre dans l’ordre. Une innovation majeure a été évitée de justesse !

Une innovation majeure a été évitée de justesse !

Même le talent atypique peut l’avoir oubliée et garde simplement au fond de lui une frustration, quelques chose de pas fini, l’impression d’une aventure manquée pour ses équipes.

Et parfois, dans les bureaux de la tour d’en face, chez le concurrent, l’innovation est là, immatérielle, insaisissable, elle habite son Big Data, ses logiciels, voir la manière que les collaborateurs ont d’interagir entre eux. Cela ne se voit pas, ce n’est pas encore dans les chiffres. Et pourtant ici, dans ces locaux mêmes, on se trompe, on se perd, et on ne le sait pas.

On se trompe, non pour la simple raison que l’on aurait pas écouté un seul talent, mais parce que le manque d’écoute de ce talent est symptomatique d’un manque d’écoute des idées innovantes. C’est là que cela fait sens de parler de la douance et c’est pour cela que ce sujet nous concerne tous.

Le surdoué est un détecteur sensible des enjeux de fond de son organisation. Ce que tout un chacun vit intérieurement, son hypersensibilité l’amène à l’extérioriser, à crier, malgré lui, les vérités qui dérangent et auxquelles il faudra un jour se confronter !

> Ainsi, à un moment clé, au sein d’une organisation, le talent surdoué va proposer une innovation majeure qui va vous glisser entre les doigts, pourquoi ?

Les talents surdoués (Cf. annexe – b), à leur poste, ressentent les incohérences dans les processus comme dans les rapports humains avec une grande intensité. Et beaucoup de leurs histoires se rejoignent sur un point : à un moment donné, ils vont difficilement résister à proposer des solutions neuves et efficientes à des problèmes apparemment insolubles. Désintéressés des jeux politiques qui traversent leur structure, focalisés sur leur besoin d’innover, seuls ou avec une équipe motivée, ils sont très vite tentés de créer une plateforme collaborative ultra-efficiente, un logiciel d’automatisation de tout un service simplement basé sur Excel, une nouvelle organisation, ou tout autre approche qui rend le travail plus cohérent, plus élégant, plus humain, plus performant.

L’histoire du fichier Excel qui aurait rapporté 10 M€ et que le Comex ne verra jamais

Les managers me rapportent très souvent l’histoire d’un collaborateur qui en quelques jours met en place un logiciel qui aurait par ailleurs demandé le travail d’une équipe sur plusieurs mois, ou réalise une modélisation financière sur Excel qui défraye la chronique et met en danger bien des egos.

Et à ce moment précis, tout le système a proximité immédiate du surdoué, plus ou moins affolé, parfois persuadé qu’il n’a proposé une telle innovation que pour se mettre en valeur, va phagocyter ses propositions ou son projet, se l’approprier, et bien souvent, lui faire perdre toute sa substance.

Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas en réalité d’une simple innovation technique, malgré les apparences. Cette innovation demande, ou intègre même dans son idée, des rapports humains plus bienveillants, plus authentiques, plus efficients.

Si certaines de leurs innovations pouvaient parler, elle demanderaient : « laissons tomber les masques et mettons-nous vraiment au travail ! »

Si certaines de leurs innovations pouvaient parler, elle demanderaient : « laissons tomber les masques et mettons-nous vraiment au travail ! »

Mais l’innovation fait peur. Elle demanderait parfois de ne plus se cacher derrière un poste ou derrière la fatalité, mais d’oser s’engager, se faire confiance, et changer en soi pour changer l’organisation.

Mais les propositions sont ignorées, tout le monde est rassuré, et l’entreprise a évité de justesse une évolution dans ses rapports humains et / ou dans son rapport au digital ! Si le coût d’opportunité manqué pouvait être calculé…

Pourquoi nous sommes tous coresponsables de cette situation ?

Dans le secteur public comme privé, ces histoires se répètent et se ressemblent. Dans ces pièces de théâtre qui se jouent et se rejouent encore, chacun est coresponsable, pour des raisons qu’il convient de comprendre avec bienveillance :

  • Le talent surdoué lui-même, souvent, par peur d’être jugé, pour qui les émotions sont déjà lourdes à porter dans les contextes non conflictuels, n’ose pas se mettre en valeur, rechigne à faire le juste nécessaire en terme de politique, refuse de mettre un peu de pouvoir dans son leadership d’influence, alors même que ces légers changements de curseurs auraient des conséquences bénéfiques pour tous
  • Le service RH et le management n’osent pas voir l’occasion d’une transformation globale de la politique de management, même si tout au fond d’eux-mêmes, ils ont cette intuition

> D’accord, tout le monde bénéficierait d’une écoute des surdoués adaptée à leurs spécificités, mais concrètement, quel serait le tout premier pas à réaliser pour ne plus rater ces innovations ?

Dans un premier temps, il s’agit d’actualiser ses croyances autour du talent à haut potentiel intellectuel. Par exemple, en règle générale, un surdoué ne propose pas une innovation pour prendre la place de son responsable, innover constitue un besoin presque physique pour lui !

Ils aiment automatiser les tâches qui ne valorisent pas l’humain, relier les processus, les services, les domaines de compétences, les personnes

Ils aiment automatiser les tâches qui ne valorisent pas l’humain, relier les processus, les services, les domaines de compétences, les personnes, bref, participer à transformer leur structure aux silos souvent bien solides et mal reliés en un véritable système vivant élégant et flexible.

Souvent, les surdoués voient naturellement les problématiques à la fois sous l’angle de l’humain et sous l’angle du numérique sans filtre de perception. Ils résistent difficilement à proposer l’idée absolument fondamentale pour la structure qui dérangera tout le monde ! Et pas toujours avec les méthodes et la communication les plus adaptées…

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« Surdouée, j’ai enchaîné les petits boulots et les dépressions »

  Emilie Tôn,// 07/04/2017//L’Express

En cette journée mondiale de la Santé sur le thème de la dépression, Marie*, 36 ans, raconte l’influence qu’a eu son QI élevé sur sa santé mentale. Aujourd’hui identifiée comme surdouée, elle revient sur ces années difficiles. Témoignage.

À l’école, j’ai toujours eu du mal à me faire aimer des autres enfants. Malgré tous mes efforts, je n’étais pas comme eux. Ils ne m’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi. En entrant au CP, je savais déjà lire. J’étais très en avance. Il a été question de me faire sauter une classe, mais comme je pleurais en permanence, la direction a décidé que je n’étais pas prête à rejoindre des enfants plus âgés. J’étais docile, gentille. Parce que j’avais les meilleures notes de la classe, les autres enfants me traitaient de « chouchoute de la maîtresse », alors qu’elle me méprisait.

J’ai laissé l’intello que j’étais derrière moi

Progressivement, mon niveau a baissé, sans être mauvais pour autant. Je voulais absolument me faire des amis parmi les gens populaires. Donc, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai décidé de laisser l’intello que j’étais derrière moi. J’ai décroché et suis devenue une élève très moyenne -ce que ma psy appelle aujourd’hui le nivellement- au point d’avoir mon bac au rattrapage. J’ai été à la fac, puis j’ai arrêté pour enchaîner les petits boulots, ainsi que les dépressions…

Les surdoués, plus sujets aux dépressions

Je n’ai jamais su m’y prendre avec les gens. J’ai l’impression de ne pas avoir les outils pour vivre en société. Pendant des années, j’ai surjoué la fille libérée. Je ne savais plus qui j’étais. Je souffre d’anxiété sociale. A chaque nouvelle rencontre, je suis dans une situation de stress intense. Toutes ces choses m’ont poussé à croire que j’étais folle, anormale, dérangée.
Lorsqu’une chose m’intéressait, je me plongeais à corps perdu dans les recherches. Cela m’obsédait, il fallait que j’épuise le sujet. Et lorsque je me suis intéressée à la dépression, j’ai appris, dans un article, que les surdoués y étaient plus sujets que la normale. Je n’ai pas tout de suite relevé. Parallèlement, mon fils aîné de trois ans m’a demandé de lui apprendre à lire. Je le savais intelligent, à 18 mois, il parlait très bien et fascinait tous les adultes qui le croisaient. J’ai alors commencé à me documenter sur les enfants précoces. Au fil de mes recherches, j’ai revu toute mon enfance. J’ai donc fait appel à une psychologue spécialisée. Au téléphone, elle m’a dit qu’il était préférable que mon fils attende un peu avant de passer les tests, car les résultats ne sont pris en compte qu’à partir de 6 ans par l’Éducation nationale. Cependant, je pouvais les passer.
Le jour du bilan, j’ai fondu en larmes dans son bureau. Pendant toutes ces années, je pensais que j’étais bête, que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à m’adapter. En réalité, j’étais surdoué.

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Je suis surdoué : comment me faire des amis ? Monique de Kermadec

Clara Crochemore//mariefrance.fr//jeudi 13 avril 2017

Dès les petites classes, dans la cour de récréation, les enfants surdoués peuvent se sentir en décalage avec leurs camarades. Ils ont accès à une langue plus adulte et n’ont pas forcément les mêmes centres d’intérêt, que ce soit au niveau des émissions qu’ils regardent ou des chansons qu’ils écoutent. Si notre enfant est surdoué, il faut alors l’aider à trouver des supports de partage (une activité sportive, artistique, etc.). Il est important de de lui apprendre que même si l’échange intellectuel est précieux, il existe également d’autres formes d’échange avec lesquelles il pourra tout aussi bien s’épanouir.

Les loisirs : une autre forme de partage pour se faire des amis

A l’adolescence, si l’enfant surdoué a un ou deux ans d’avance, il est possible qu’il sente un énorme décalage avec les autres élèves au moment de la puberté. Etant le « bébé de la classe », il pourra avoir du mal à partager les mêmes discussions. Mais là encore, comme le précise Monique de Kermadec, certains hauts potentiels s’en sortent très bien et réussissent à trouver leur place grâce à une intelligence relationnelle. D’autres, de leur côté, peuvent au contraire se réfugier dans cette douance pour expliquer leur difficulté à se faire des amis.

Les adultes surdoués, quant à eux, peuvent avoir tendance à rechercher d’autres adultes surdoués en se disant qu’ils arriveront mieux à nouer des liens avec des personnes ayant un QI égal au leur. Pourtant, ce qu’ils ne doivent pas oublier, c’est qu’il est possible de trouver de réelles satisfactions avec des personnes qui partagent les mêmes passions, mêmes si ces dernières ne sont pas surdouées. Que vous soyez passionné par l’alpinisme ou la photo, ce sont ces temps de partage qui permettent d’être heureux, qu’ils soient partagés ou non avec un autre haut potentiel. Ce qui est important, c’est de trouver des bases de partage. Même si ‘l’intellectuel reste fondamental, ce n’est pas le seul moyen pour rentrer en contact avec les autres et se sentir épanoui.

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« Surdouée, j’ai enchaîné les petits boulots et les dépressions »

Propos recueillis par Emilie Tôn, publié le 07/04/2017 à 09:47//lexpress.fr

À l’école, j’ai toujours eu du mal à me faire aimer des autres enfants. Malgré tous mes efforts, je n’étais pas comme eux. Ils ne m’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi.

En entrant au CP, je savais déjà lire. J’étais très en avance. Il a été question de me faire sauter une classe, mais comme je pleurais en permanence, la direction a décidé que je n’étais pas prête à rejoindre des enfants plus âgés. J’étais docile, gentille. Parce que j’avais les meilleures notes de la classe, les autres enfants me traitaient de « chouchoute de la maîtresse », alors qu’elle me méprisait.

Je n’avais pas beaucoup d’efforts à fournir pour me maintenir première de la classe. Au CM1, je ne me suis pas méfiée d’une nouvelle élève. Elle a pris ma place: j’en ai beaucoup pleuré et l’ai reconquise. Je me devais d’être la meilleure. Je voulais que la maîtresse m’aime. En classe, je me tortillais dans tous les sens pour répondre, mais l’institutrice disait toujours « on sait que tu sais, quelqu’un d’autre veut répondre? » Je semblais toujours l’excéder. J’ai fini par arrêter de lever la main.

J’ai laissé l’intello que j’étais derrière moi

L’arrivée au collège laissait espérer des changements positifs. J’allais chez les grands et tournais ainsi le dos au calvaire qu’était l’école primaire. Mais dès la première évaluation, les problèmes ont commencé. Je subissais un harcèlement féroce, qui a continué longtemps. Une fois de plus, j’étais l’intello, et les autres élèves n’aimaient pas les intellos. Ils faisaient de mes amies et moi leurs souffre-douleurs, mais il n’y avait que moi que cela perturbait. Le soir, je pleurais dans ma chambre.

Progressivement, mon niveau a baissé, sans être mauvais pour autant. Je voulais absolument me faire des amis parmi les gens populaires. Donc, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai décidé de laisser l’intello que j’étais derrière moi. J’ai décroché et suis devenue une élève très moyenne -ce que ma psy appelle aujourd’hui le nivellement- au point d’avoir mon bac au rattrapage. J’ai été à la fac, puis j’ai arrêté pour enchaîner les petits boulots, ainsi que les dépressions

Les surdoués, plus sujets aux dépressions

Je n’ai jamais su m’y prendre avec les gens. J’ai l’impression de ne pas avoir les outils pour vivre en société. Pendant des années, j’ai surjoué la fille libérée. Je ne savais plus qui j’étais. Je souffre d’anxiété sociale. A chaque nouvelle rencontre, je suis dans une situation de stress intense. Toutes ces choses m’ont poussé à croire que j’étais folle, anormale, dérangée.

Lorsqu’une chose m’intéressait, je me plongeais à corps perdu dans les recherches. Cela m’obsédait, il fallait que j’épuise le sujet. Et lorsque je me suis intéressée à la dépression, j’ai appris, dans un article, que les surdoués y étaient plus sujets que la normale. Je n’ai pas tout de suite relevé.

Parallèlement, mon fils aîné de trois ans m’a demandé de lui apprendre à lire. Je le savais intelligent, à 18 mois, il parlait très bien et fascinait tous les adultes qui le croisaient. J’ai alors commencé à me documenter sur les enfants précoces. Au fil de mes recherches, j’ai revu toute mon enfance. J’ai donc fait appel à une psychologue spécialisée. Au téléphone, elle m’a dit qu’il était préférable que mon fils attende un peu avant de passer les tests, car les résultats ne sont pris en compte qu’à partir de 6 ans par l’Education nationale. Cependant, je pouvais les passer.

TÉMOIGNAGE >> Surdouée et mère d’enfant surdoué: « J’ai espéré que mon fils ne soit pas concerné »

Le jour du bilan, j’ai fondu en larmes dans son bureau. Pendant toutes ces années, je pensais que j’étais bête, que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à m’adapter. En réalité, j’étais surdoué.

Une affaire de famille

Selon la psy, il est possible que toute ma fratrie soit concernée. Ma sœur a vu une spécialiste qui lui a confirmé que c’était son cas. Mon fils -qui a aujourd’hui huit ans- a un très haut quotient intellectuel (plus de 145). J’ai peur qu’il en souffre, mais, pour l’instant, tout semble bien se passer. Les enseignants essaient de lui donner des exercices plus adaptés à son niveau, mais nous n’avons pas voulu qu’il saute une classe car il voulait rester avec ses copains. Il a la chance d’en avoir.

Le plus jeune, qui a cinq ans, est probablement concerné aussi. Il est moins populaire à l’école maternelle. Quand je vais le chercher le soir à la garderie, il est souvent en train de jouer tout seul dans son coin alors que les autres jouent en groupe. Ça me fait de la peine, mais lorsque je lui demande s’il est heureux, il me répond que oui.

Un taux de suicide préoccupant

J’ai expliqué à mon grand que son cerveau fonctionnait différemment, en lui précisant qu’il n’était pas plus intelligent que les autres, mais que son intelligence fonctionnait autrement. Le taux de suicide est assez préoccupant chez les surdoués, mais mon ex-mari -qui a appris son haut QI à l’adolescence- comme mon fils aîné ont l’air bien dans leur peau, preuve que la souffrance vient aussi du fait de ne pas l’avoir identifié.

Malheureusement, les tests sont chers et toutes les familles n’ont pas les moyens de les payer [le WISC, ou « échelle de Weschler », coûte plusieurs centaines d’euros]. Et s’il est possible de les passer gratuitement dans les centres médico-psychologiques, les psys n’y ont pas de formation spécifique pour décrypter correctement les résultats. Savoir qu’un enfant est précoce sans comprendre son fonctionnement ne l’aide pas. C’est regrettable, car les conséquences peuvent être catastrophiques.

*Le prénom a été modifié

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