« Surdouée, j’ai enchaîné les petits boulots et les dépressions »

  Emilie Tôn,// 07/04/2017//L’Express

En cette journée mondiale de la Santé sur le thème de la dépression, Marie*, 36 ans, raconte l’influence qu’a eu son QI élevé sur sa santé mentale. Aujourd’hui identifiée comme surdouée, elle revient sur ces années difficiles. Témoignage.

À l’école, j’ai toujours eu du mal à me faire aimer des autres enfants. Malgré tous mes efforts, je n’étais pas comme eux. Ils ne m’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi. En entrant au CP, je savais déjà lire. J’étais très en avance. Il a été question de me faire sauter une classe, mais comme je pleurais en permanence, la direction a décidé que je n’étais pas prête à rejoindre des enfants plus âgés. J’étais docile, gentille. Parce que j’avais les meilleures notes de la classe, les autres enfants me traitaient de « chouchoute de la maîtresse », alors qu’elle me méprisait.

J’ai laissé l’intello que j’étais derrière moi

Progressivement, mon niveau a baissé, sans être mauvais pour autant. Je voulais absolument me faire des amis parmi les gens populaires. Donc, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai décidé de laisser l’intello que j’étais derrière moi. J’ai décroché et suis devenue une élève très moyenne -ce que ma psy appelle aujourd’hui le nivellement- au point d’avoir mon bac au rattrapage. J’ai été à la fac, puis j’ai arrêté pour enchaîner les petits boulots, ainsi que les dépressions…

Les surdoués, plus sujets aux dépressions

Je n’ai jamais su m’y prendre avec les gens. J’ai l’impression de ne pas avoir les outils pour vivre en société. Pendant des années, j’ai surjoué la fille libérée. Je ne savais plus qui j’étais. Je souffre d’anxiété sociale. A chaque nouvelle rencontre, je suis dans une situation de stress intense. Toutes ces choses m’ont poussé à croire que j’étais folle, anormale, dérangée.
Lorsqu’une chose m’intéressait, je me plongeais à corps perdu dans les recherches. Cela m’obsédait, il fallait que j’épuise le sujet. Et lorsque je me suis intéressée à la dépression, j’ai appris, dans un article, que les surdoués y étaient plus sujets que la normale. Je n’ai pas tout de suite relevé. Parallèlement, mon fils aîné de trois ans m’a demandé de lui apprendre à lire. Je le savais intelligent, à 18 mois, il parlait très bien et fascinait tous les adultes qui le croisaient. J’ai alors commencé à me documenter sur les enfants précoces. Au fil de mes recherches, j’ai revu toute mon enfance. J’ai donc fait appel à une psychologue spécialisée. Au téléphone, elle m’a dit qu’il était préférable que mon fils attende un peu avant de passer les tests, car les résultats ne sont pris en compte qu’à partir de 6 ans par l’Éducation nationale. Cependant, je pouvais les passer.
Le jour du bilan, j’ai fondu en larmes dans son bureau. Pendant toutes ces années, je pensais que j’étais bête, que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à m’adapter. En réalité, j’étais surdoué.

L’article

Je suis surdoué : comment me faire des amis ? Monique de Kermadec

Clara Crochemore//mariefrance.fr//jeudi 13 avril 2017

Dès les petites classes, dans la cour de récréation, les enfants surdoués peuvent se sentir en décalage avec leurs camarades. Ils ont accès à une langue plus adulte et n’ont pas forcément les mêmes centres d’intérêt, que ce soit au niveau des émissions qu’ils regardent ou des chansons qu’ils écoutent. Si notre enfant est surdoué, il faut alors l’aider à trouver des supports de partage (une activité sportive, artistique, etc.). Il est important de de lui apprendre que même si l’échange intellectuel est précieux, il existe également d’autres formes d’échange avec lesquelles il pourra tout aussi bien s’épanouir.

Les loisirs : une autre forme de partage pour se faire des amis

A l’adolescence, si l’enfant surdoué a un ou deux ans d’avance, il est possible qu’il sente un énorme décalage avec les autres élèves au moment de la puberté. Etant le « bébé de la classe », il pourra avoir du mal à partager les mêmes discussions. Mais là encore, comme le précise Monique de Kermadec, certains hauts potentiels s’en sortent très bien et réussissent à trouver leur place grâce à une intelligence relationnelle. D’autres, de leur côté, peuvent au contraire se réfugier dans cette douance pour expliquer leur difficulté à se faire des amis.

Les adultes surdoués, quant à eux, peuvent avoir tendance à rechercher d’autres adultes surdoués en se disant qu’ils arriveront mieux à nouer des liens avec des personnes ayant un QI égal au leur. Pourtant, ce qu’ils ne doivent pas oublier, c’est qu’il est possible de trouver de réelles satisfactions avec des personnes qui partagent les mêmes passions, mêmes si ces dernières ne sont pas surdouées. Que vous soyez passionné par l’alpinisme ou la photo, ce sont ces temps de partage qui permettent d’être heureux, qu’ils soient partagés ou non avec un autre haut potentiel. Ce qui est important, c’est de trouver des bases de partage. Même si ‘l’intellectuel reste fondamental, ce n’est pas le seul moyen pour rentrer en contact avec les autres et se sentir épanoui.

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« Surdouée, j’ai enchaîné les petits boulots et les dépressions »

Propos recueillis par Emilie Tôn, publié le 07/04/2017 à 09:47//lexpress.fr

À l’école, j’ai toujours eu du mal à me faire aimer des autres enfants. Malgré tous mes efforts, je n’étais pas comme eux. Ils ne m’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi.

En entrant au CP, je savais déjà lire. J’étais très en avance. Il a été question de me faire sauter une classe, mais comme je pleurais en permanence, la direction a décidé que je n’étais pas prête à rejoindre des enfants plus âgés. J’étais docile, gentille. Parce que j’avais les meilleures notes de la classe, les autres enfants me traitaient de « chouchoute de la maîtresse », alors qu’elle me méprisait.

Je n’avais pas beaucoup d’efforts à fournir pour me maintenir première de la classe. Au CM1, je ne me suis pas méfiée d’une nouvelle élève. Elle a pris ma place: j’en ai beaucoup pleuré et l’ai reconquise. Je me devais d’être la meilleure. Je voulais que la maîtresse m’aime. En classe, je me tortillais dans tous les sens pour répondre, mais l’institutrice disait toujours « on sait que tu sais, quelqu’un d’autre veut répondre? » Je semblais toujours l’excéder. J’ai fini par arrêter de lever la main.

J’ai laissé l’intello que j’étais derrière moi

L’arrivée au collège laissait espérer des changements positifs. J’allais chez les grands et tournais ainsi le dos au calvaire qu’était l’école primaire. Mais dès la première évaluation, les problèmes ont commencé. Je subissais un harcèlement féroce, qui a continué longtemps. Une fois de plus, j’étais l’intello, et les autres élèves n’aimaient pas les intellos. Ils faisaient de mes amies et moi leurs souffre-douleurs, mais il n’y avait que moi que cela perturbait. Le soir, je pleurais dans ma chambre.

Progressivement, mon niveau a baissé, sans être mauvais pour autant. Je voulais absolument me faire des amis parmi les gens populaires. Donc, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai décidé de laisser l’intello que j’étais derrière moi. J’ai décroché et suis devenue une élève très moyenne -ce que ma psy appelle aujourd’hui le nivellement- au point d’avoir mon bac au rattrapage. J’ai été à la fac, puis j’ai arrêté pour enchaîner les petits boulots, ainsi que les dépressions

Les surdoués, plus sujets aux dépressions

Je n’ai jamais su m’y prendre avec les gens. J’ai l’impression de ne pas avoir les outils pour vivre en société. Pendant des années, j’ai surjoué la fille libérée. Je ne savais plus qui j’étais. Je souffre d’anxiété sociale. A chaque nouvelle rencontre, je suis dans une situation de stress intense. Toutes ces choses m’ont poussé à croire que j’étais folle, anormale, dérangée.

Lorsqu’une chose m’intéressait, je me plongeais à corps perdu dans les recherches. Cela m’obsédait, il fallait que j’épuise le sujet. Et lorsque je me suis intéressée à la dépression, j’ai appris, dans un article, que les surdoués y étaient plus sujets que la normale. Je n’ai pas tout de suite relevé.

Parallèlement, mon fils aîné de trois ans m’a demandé de lui apprendre à lire. Je le savais intelligent, à 18 mois, il parlait très bien et fascinait tous les adultes qui le croisaient. J’ai alors commencé à me documenter sur les enfants précoces. Au fil de mes recherches, j’ai revu toute mon enfance. J’ai donc fait appel à une psychologue spécialisée. Au téléphone, elle m’a dit qu’il était préférable que mon fils attende un peu avant de passer les tests, car les résultats ne sont pris en compte qu’à partir de 6 ans par l’Education nationale. Cependant, je pouvais les passer.

TÉMOIGNAGE >> Surdouée et mère d’enfant surdoué: « J’ai espéré que mon fils ne soit pas concerné »

Le jour du bilan, j’ai fondu en larmes dans son bureau. Pendant toutes ces années, je pensais que j’étais bête, que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à m’adapter. En réalité, j’étais surdoué.

Une affaire de famille

Selon la psy, il est possible que toute ma fratrie soit concernée. Ma sœur a vu une spécialiste qui lui a confirmé que c’était son cas. Mon fils -qui a aujourd’hui huit ans- a un très haut quotient intellectuel (plus de 145). J’ai peur qu’il en souffre, mais, pour l’instant, tout semble bien se passer. Les enseignants essaient de lui donner des exercices plus adaptés à son niveau, mais nous n’avons pas voulu qu’il saute une classe car il voulait rester avec ses copains. Il a la chance d’en avoir.

Le plus jeune, qui a cinq ans, est probablement concerné aussi. Il est moins populaire à l’école maternelle. Quand je vais le chercher le soir à la garderie, il est souvent en train de jouer tout seul dans son coin alors que les autres jouent en groupe. Ça me fait de la peine, mais lorsque je lui demande s’il est heureux, il me répond que oui.

Un taux de suicide préoccupant

J’ai expliqué à mon grand que son cerveau fonctionnait différemment, en lui précisant qu’il n’était pas plus intelligent que les autres, mais que son intelligence fonctionnait autrement. Le taux de suicide est assez préoccupant chez les surdoués, mais mon ex-mari -qui a appris son haut QI à l’adolescence- comme mon fils aîné ont l’air bien dans leur peau, preuve que la souffrance vient aussi du fait de ne pas l’avoir identifié.

Malheureusement, les tests sont chers et toutes les familles n’ont pas les moyens de les payer [le WISC, ou « échelle de Weschler », coûte plusieurs centaines d’euros]. Et s’il est possible de les passer gratuitement dans les centres médico-psychologiques, les psys n’y ont pas de formation spécifique pour décrypter correctement les résultats. Savoir qu’un enfant est précoce sans comprendre son fonctionnement ne l’aide pas. C’est regrettable, car les conséquences peuvent être catastrophiques.

*Le prénom a été modifié

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Surdoués, Haut Potentiel de souffrance?

RTS – Radio Télévision Suisse Ajoutée le 29 mars 2017

Enfants et adultes, ils représentent environ 2% de la population. Des génies ? Pas toujours ! Et leur parcours est jalonné de difficultés et problèmes affectifs.

On les surnomme « surdoués », « enfants précoces », « zèbres » ou HPI pour haut potentiel intellectuel. Enfants et adultes, ils représentent environ 2% de la population, à l’extrême droite de la courbe du QI, au-delà de 130. On les imagine premiers de classe, rentrant de l’école avec des bonnes notes et le sourire. On les devine ensuite chef d’entreprise, décideur politique, grand professeur ou brillant artiste. Souvent, un peu prétentieux. Détrompez-vous! La vie des enfants et adultes à « haut potentiel intellectuel » n’est pas toujours un long fleuve tranquille pavé de belles réussites. Au contraire. Hyper intelligent rime souvent avec hyper-stimulé et hypersensible… Il peut y avoir en outre des déséquilibres entre raison et émotion. Une souffrance taboue qu’évoquent plusieurs témoins dans ce reportage éclairant signé Christophe Ungar.

le site RTS

Manche : plongée dans la vie d’un surdoué

Le 16 novembre 2016  lamanchelibre.fr

Au-delà de l’école, la précocité intellectuelle se détecte et se ressent aussi à la maison. Rencontre avec une famille, basée à Cherbourg (Manche).

« À 8 ans, il avait déjà le raisonnement d’un enfant de 14 ans. » Nadine est maman du petit Arthur, âgé de 10 ans et demi. Sur la table du salon, elle désigne un empilement de cahiers et carnets remplis de l’écriture de son fils. Pas pour l’école, mais pour le plaisir. « J’écris beaucoup. Quand j’étais petit, j’ai repris les 7 tomes d’Harry Potter. Aujourd’hui j’invente des histoires et des scénarios, surtout fantastiques », évoque le jeune garçon.
« Il a besoin d’être alimenté intellectuellement en permanence, de s’approprier tout. Il me pose sans cesse des questions très pointues, auxquelles je ne sais pas toujours répondre. C’est parfois fatigant, évoque sa mère. Petit, il connaissait par coeur tous les Walt Disney. Il est capable de réciter la totalité des répliques d’un film pendant une heure entière, sans le regarder. »

Hypersensibilité

À la maison, l’un des points symptomatiques de la précocité d’Arthur est son hypersensibilité: « Il se montre souvent anxieux face à l’actualité, et exprime beaucoup d’empathie, de manière différente de la plupart des enfants de son âge. Par exemple, il a été très touché que des élèves de sa classe se moquent d’une petite fille en surpoids ».
Mais si ses centres d’intérêt sont plus proches de ceux des adultes que de ses camarades, Arthur n’est pas isolé. Il se trouve nul en sport, seule discipline dans laquelle ses copains de classe s’amusent à le taquiner.
Car scolairement, il est en avance. Arthur aurait pu sauter une classe à l’âge de 5 ans, en passant d’un début de grande section au CP. Il a préféré refuser: « C’était mieux, sinon je n’aurais pas pu rester avec mes copains« . Faire sauter un niveau à un enfant précoce n’est en effet pas toujours une bonne solution. « Parfois, cela peut le mettre mal à l’aise, voire en échec scolaire car il est trop en décalage de taille et d’âge avec les autres », évoque la psychologue

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Les entrepreneurs, ces surdoués à qui on n’a pas laissé la place d’exister

J’observe et j’entends depuis quelques mois des entrepreneurs – clients, amis, connaissances – m’annoncer avoir récemment découvert être surdoués / haut potentiel. Soulagés qu’on pose enfin un mot sur leur différence. 

Aptes à résoudre des problématiques complexes très vite, à accomplir de nombreuses tâches en simultané, et en parallèle se sentir inaptes à une vie « normée » en société. En fait, depuis 5 ans que j’accompagne et côtoie des entrepreneurs, je constate que cela en concerne bien plus qu’on ne le croit.

Et pas seulement sur des critères intellectuels.

La légitimité de l’entrepreneur :
ai-je le droit d’exister
pour ce que je suis ?

Ce qui se trame réellement derrière l’étiquette « surdoué » : une intelligence hybride, mélange de pensée globale et d’hyper-réceptivité sensorielle, qui ne rentre dans aucune case, qui peut être paralysante si on la vit comme un fardeau… mais qui peut devenir très puissante dans le business quand on apprend à la considérer comme un cadeau.

Moi-même on m’a dit il y a 2 ans que j’avais sans doute été une enfant surdouée à l’école. J’adorais apprendre et comprendre, mais je n’étais pas plus douée que d’autres, pas de syndrome d’hyper-activité, pas de signe de précocité. J’ai passé un test de QI à 21 ans, j’avais 109, alors être surdouée, ça ne m’avait jamais traversé l’esprit.

Mais, la réflexion a fait son chemin, je me suis beaucoup informée sur le sujet, en parallèle des neurosciences et de la psychologie quantique, et j’ai commencé à creuser une forme de mystère entrepreneurial : où et comment trouve-t-on la force et l’énergie de s’accomplir quand on a longtemps été jugé inadapté à la « normalité » ?

L’impression de n’être jamais à ma place, jamais reconnue pour ce que j’étais avant de créer mon entreprise – sentiment partagé par grand nombre d’entrepreneurs – devait bien venir de quelque part, et peut-être finalement pas des autres.

 

La puissance
de l’intelligence émotionnelle

 

La dose d’adrénaline et d’obstacles que se prend en pleine tête un entrepreneur au moins ses 3 premières années est colossale, pour ne pas dire surhumaine. Qu’est-ce qui nous fait tenir ? Si le moteur était l’argent, peu d’entre nous survivraient.

Parce que le vrai moteur est caché au plus profond de nous : dans la blessure (de rejet, d’abandon, d’humiliation…) que le reniement de notre identité a créé (à l’école, en famille, sur le marché du travail… souvent les 3 à la fois). Et le besoin de revanche qui en découle.

« Puisqu’on ne me laisse pas être moi-même, alors je vais me créer les moyens et les conditions pour être reconnu(e) à ma juste valeur »  : combien d’entre nous ont créé une entreprise en recherche d’amour et de reconnaissance ? Tous ! Car là est notre vrai Why. Celui qui fait exploser les plafonds, déplacer les montagnes, nous sur-adapter pour nous sentir sur-exister.

 

En quoi l’entrepreneur
est-il différent ?

 

On entreprend non pas pour devenir riche (sinon ça se saurait) mais pour devenir soi. C’est « seulement » un outil, un prétexte à proposer au monde des produits ou des services issus de qui nous sommes et de ce pourquoi nous sommes de passage dans ce monde.

Un moyen d’expression, et non une finalité.

L’entrepreneur a cette particularité de mettre en action et en mouvement cette quête de sens, et de la transformer en un système commercial. Je suis convaincue qu’il est indispensable d’apprendre à gérer et développer une entreprise avec notre QI, mais que ce qui fait vraiment la différence c’est la capacité à s’entreprendre, à se rendre maître de son destin, qui elle découle de notre QE.

Car être soi ne s’apprend pas. Ça se découvre avec le temps, les expériences, les rencontres, les apprentissages qu’on en fait. Et la façon dont on traduit ça en termes de business et dont on le transmet à ses clients est une valeur ajoutée inimitable dans notre monde hyper matérialiste :

 

« What money can’t buy »

 

Comme beaucoup d’entrepreneurs, j’ai un mental très fort et une intuition qui l’est tout autant. Les 2 sont longtemps rentrés en collision, comme si l’un cherchait à prendre le dessus sur l’autre. Comme si mon intellect ne pouvait exister qu’au détriment de mes émotions. Et inversement.

Dans toute histoire entrepreneuriale, il y a une forme de dualité, due à un combat intérieur intense (totalement lié à ce besoin de revanche) qui nous permet de créer et de nous adapter plus vite que la moyenne… mais qui nous empêche d’être dans l’expression la plus juste et la plus puissante de notre efficacité et de notre créativité.

Jusqu’au jour où… une succession d’événements irréversibles nous pousse à changer de dimension. À entrer dans notre pleine dimension. Ça ne se décide pas. Ça s’impose avec une évidence assez stupéfiante : « terminus, tout le monde descend ». Bas les masques. Back to basics !

Et c’est précisément ce processus de mutation que j’accompagne aujourd’hui en Identité de marque et Prospective.

Pourquoi ?

 

Entreprendre,
un parcours
de réhabilitation de soi

 

C’est en observant l’évolution et les besoins de ma clientèle, et le miroir que ça me renvoyait, et le miroir que je leur renvoyais, que j’ai compris à quel point entreprendre est un parcours initiatique.

Il y a 2 ans et demi, une lectrice m’a dit : « je voudrais vous remercier au nom de tous les gens qui ne vous le disent pas, pour ce que vous nous apportez à travers votre blog. Grâce à vous j’ai compris que je n’étais pas à ma place dans l’entreprise que j’ai créé, et je vais désormais m’y prendre autrement ».

En temps « normal », j’aurais pris ça comme un compliment. Ce jour-là, j’ai senti une faille sismique s’ouvrir en moi. J’ai eu un violent éclair de conscience : « et si un jour j’arrête de vouloir sauver le monde, je deviens quoi et je sers à quoi ? ».

Panique à bord.
Ce n’était pas juste une question parmi tant d’autres.
C’était une intuition tellement forte que ça a conditionné toute la suite de mon développement.

Je sentais que je lâchais l’instinct de survie qui a si longtemps nourri mon énergie. J’avais peur : est-ce qu’il peut y avoir une suite entrepreneuriale après ça ? Un mois pile après ce sursaut de conscience, j’avais le retour de boomerang en pleine tête. Tout, absolument tout, m’a obligé à un lâcher-prise XXL.

Le sol se dérobait sous mes pieds.

Car quand on a construit sa vie, son entreprise avec sa force et sa volonté de fer, bref avec un mental dominant, on va où et on devient quoi après ?

 

Du besoin de justice
au désir de justesse

 

Les événements de ma vie et de mon entreprise m’ordonnaient de quitter la survie : la sur-adaptation permanente, l’hyper besoin de reconnaissance, de briller, de prouver, de me prouver… ça avait été un excellent carburant pour démarrer, mais ça avait fini par me plomber sur la durée.

J’ai arrêté de faire. J’ai accepté d’être. De ne plus prévoir, contrôler, courir, stresser. Je me suis laissée de la place, non pas à l’extérieur (ça je l’avais déjà) mais à l’intérieur de moi.

J’entrais, sans le savoir à ce moment-là, dans un processus de déconditionnement à la fois déstabilisant, exaltant, inconfortable et indispensable, car à la recherche de nouveaux besoins d’accomplissement :
• la justesse – au-delà de la justice
• l’équilibre – au-delà de la dualité
• la fluidité – au-delà de l’adrénaline
• la qualité – au-delà de la quantité

Subtil… et déterminant.

Car ça change complètement les perspectives de développement qui se présentent à vous : ça monte en gamme le profil de clients que vous attirez, affine votre façon de travailler, de communiquer, réorganise vos priorités en temps et en énergie, fait évoluer votre environnement, fluidifie vos relations commerciales, apaise votre rapport à l’argent…

Pourquoi ?

Parce que utiliser à égalité votre intellect et vos émotions vous permet d’atteindre le graal ultime : le flow. Cet état de cohérence intérieure où vous êtes le plus… performant. Sortir des rapports de force avec vous-même vous permet d’aller vers des relations de flux avec le business… avec la vie.

 

Entreprendre permet de réparer
une blessure existentielle.
Et après ?

 

Comme « par hasard », depuis 2 ans mes clients me sollicitent, avec leur mots, leurs problématiques, pour transiter vers ce « et après » : quel sens je donne à mon développement quand j’arrête de vouloir sauver le monde ?

Des entrepreneur(e)s qui, de plus en plus, veulent s’assumer totalement dans leur intégrité, dans leur intelligence hybride, sans forcément vouloir gagner plus d’argent, plus de reconnaissance… juste être plus eux-mêmes et grâce à ça mieux développer leur business, dans une société qui nous stresse à coup de gloire, de performance, de compétition…

Et ce n’est pas le chemin de la facilité.

Car tout semble conçu pour nous fragmenter, nous lisser, nous cloner et donc on avance seul sur un chemin atypique. Pourtant la surdouance, quelque soit sa forme, permet d’embrasser un développement beaucoup plus authentique et plus singulier quand on l’accepte et la prend par la main pour avancer.

On vient vous chercher parce que vous êtes vous.
Et personne d’autre.
Complexe, multiple… unique.

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Un surdoué au travail, ça ressemble à quoi ?

Béatrice Duka//janvier 2016//

Enfants, on les traitait d’intellos. Dans le monde du travail, on les appelle les talents ! Qui sont-ils vraiment, ces agités du ciboulot ?

Perfectionnistes, persévérants, exigeants, dotés d’un esprit créatif et novateur, ils proposent des solutions originales pour résoudre des problématiques complexes. Décelant facilement la moindre faille de raisonnement ou le moindre dysfonctionnement, ils sont pourtant souvent en proie au doute et développent pour la plupart ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur (1).

Dans l’inconscient collectif, on imagine le surdoué avec un look « premier de la classe », des lunettes en cul de bouteille nichées sur le bout du nez, arrogant, pédant, un brin moralisateur. Et cette image lui colle à la peau depuis sa plus tendre enfance : En cause, sa curiosité naturelle, ses centres d’intérêts un peu particuliers, son côté « je sais tout », et son vocabulaire trop riche. Etre intello, c’est mal perçu dans les cours de récré : Ses camarades l’évitent, le raillent. Blessé et déjà conscient des ses différences sans pouvoir les expliquer ni même y remédier, il se sent frustré, incompris, inadapté. Il agit alors comme un véritable caméléon, développant des stratégies d’adaptation pour essayer de se fondre dans la masse, renonçant à être lui-même pour se conformer à ce que les autres attendent de lui. Objectif : se faire accepter.

Les recruteurs quant à eux l’imaginent sortant de grandes écoles, bardé de diplômes. Bien souvent, son cursus scolaire et son CV témoignent pourtant du contraire : Qui dit surdoué ne dit pas forcément parcours brillant. En effet, les surefficients sont pour la plupart des autodidactes qui semblent multiplier les expériences professionnelles autant que leurs hobbies, allant jusqu’à changer totalement d’orientation professionnelle en cours de route, ce qui, au regard des employeurs, ne constitue pas forcément un plus. A tort…

Touche à tout, il aura besoin d’explorer de nouvelles activités tant sur le plan personnel que professionnel. Ce qu’on prendra pour de l’instabilité ne révèle en fait qu’une incapacité à travailler sur des tâches répétitives. Il a constamment besoin de s’accomplir dans de nouvelles missions et d’être sollicité sur de vrais challenges, faute de quoi, il s’ennuie. Pour exploiter au mieux ses capacités, confiez-lui des activités à développer, des réorganisations à mener ou des projets à mettre en place, épanoui dans l’action, vous aurez alors affaire à un véritable bourreau de travail. Grâce à sa pensée en arborescence, il a un raisonnement global et intuitif : Il réfléchira non seulement aux enjeux mais aussi à tous les détails qui pourraient faire échouer le processus, de manière logique, séquencée, comme un ordinateur auquel on injecte des données à analyser.

A titre personnel, lorsqu’il est confronté à un sujet qu’il n’a jamais abordé, si celui-ci le passionne, il pourra devenir un véritable expert en quelques jours seulement. Tel le boulimique, il engloutit une à une toutes les informations qu’il trouve, écumant les ouvrages avec avidité jusqu’à en extraire le moindre petit détail. Et cette boulimie ne prendra fin que lorsqu’il aura la sensation d’avoir exploré tout ce qu’il avait à savoir sur le sujet, repu. Bien souvent, on le verra s’intéresser à des domaines aussi variés que la mythologie, les sciences (mathématiques, astrophysique, biochimie…), la politique, la psychologie, l’anthropologie, la littérature, l’histoire de l’art… Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas pour être plus intelligent qu’il ingurgite tout ce savoir : Il est tout simplement incapable d’agir autrement. Il est d’ailleurs le premier à en souffrir. Il n’est pas rare de l’entendre dire qu’il préfèrerait être normal et qu’il donnerait n’importe quoi pour trouver le bouton « off »

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(1) Syndrome de l’imposteur : Appelé aussi syndrome de l’autodidacte, les personnes qui en sont atteintes expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre. » (Source : Wikipedia).(2) Syndrome de Cassandre : Le syndrome de Cassandre est une expression tirée de la mythologie grecque. Cassandre avait reçu le don de Prophétie et la malédiction de ne jamais être crue.