Les personnes Hypersensibles, Surdouées et le Networking : comment faire de belles rencontres professionnelles qui donnent des ailes à vos projets ?

Publié le 21 décembre 2016//Sélectionné dans : Carrière & Leadership//

Que vous vous définissiez hypersensible, surdoué, zébré (parmi vos autres traits de personnalité) ou qu’aucun de ces termes ne vous convienne vraiment, certaines des caractéristiques décrites vous touchent lorsque vous lisez sur le sujet. Vous êtes candidat, recruteur, dirigeant, entrepreneur, à la recherche d’un associé ou d’un projet dans lequel investir : l’intention de cet article de Coaching & Douance est de vous inspirer pour faire une de ces rencontres que parfois vous n’espérez plus, d’une personne, d’une équipe, avec qui vous vous sentiriez vraiment bien; une rencontre si juste, si évidente, si belle, qu’elle ouvrirait sur un océan bleu de possibles.

Hypersensible, surdoué, zébré, ou encore haut potentiel intellectuel : j’utiliserai le mot à 7 lettres de surdoué et vous laisserai imaginer à la place le terme qui vous convient le mieux pour décrire ces personnes atypiques, sensibles aux plus petits détails qui veulent tout dire, ultra-rapides et aux intuitions fulgurantes, qui se sentent parfois si seules et hors du monde même lorsqu’elles sont entourées d’un grand réseau; ces personnes qui ne demanderaient qu’à s’envoler mais dont les ailes immenses, gênantes, se coincent souvent dans un monde encore si étriqué; ces personnes qui ne font preuve que de sincérité lorsqu’elles disent qu’elles ne peuvent s’empêcher de penser à l’échelle de l’univers. Ces personnes sont entières, et fuient les rencontres superficielles. Elles aiment la beauté du travail bien fait jusque dans ses ultimes détails, la précision, recherchent la logique, la cohérence, l’efficience, l’innovation. Elles sont en quête de vérité, de parler vrai, d’authenticité. Elles placent leurs équipes avant elles, et le vrai service rendu au client avant tout le reste. Lorsqu’elles recherchent un employeur, un employé, un associé, un partenaire, elles aimeraient tant faire une rencontre où elles se sentiraient parfaitement en confiance. Une rencontre magique, une rencontre qui donne plus d’énergie qu’une journée ensoleillée; une rencontre qui rappellerait que l’on est pas seul à vivre si intensément. Une rencontre qui donnerait – directement ou indirectement – des ailes à vos projets.

Commencer par prendre rendez-vous avec soi-même

Pour faire de belles rencontres, peut être conviendrait-il d’abord de se rencontrer soi-même. Posez-vous la question de ce que vous donnez à voir à l’extérieur, s’agit-il de vous-même ? Donnez-vous à voir au monde ce que vous êtes à l’intérieur ? Nous sommes encore largement influencés, à un niveau inconscient, par les contes de fées, où un jour, une personne (une organisation, un entrepreneur, un investisseur) découvrira avec stupéfaction et émerveillement nos richesses intérieures (ou les richesses de notre entreprise). Beaucoup de surdoués, managers et dirigeants, me disent qu’en faisant bien leurs missions, avec professionnalisme et efficacité, ils seront un jour remarqués pour ce qu’ils sont.

Oser s’avouer son vrai Soi

En réalité, ces personnes surdouées savent très bien, mais n’osent s’avouer, qu’il leur faudra un jour prendre le risque de briller, de rayonner pleinement ce qu’elles sont à l’intérieur. Comme une étoile qui déploie ses flammes dans le froid de l’espace et donne alors à voir la beauté de l’univers. Et alors, ils seront remarqués par ceux qui eux-mêmes, un jour, se sont dits que l’existence était trop belle pour ne pas prendre le risque d’éclairer le néant, de lancer ses flammes dans la solitude au risque de ne trouver personne. Et s’en suivront alors des rencontres professionnelles belles et magiques. Des rencontres qui ouvrent sur tant de possibles.

Déployer ses ailes

Et là, pour une partie de ces personnes hypersensibles, à qui l’on a tellement dit qu’elles devaient se cacher, que l’on a culpabilisé d’afficher leurs talents, le simple fait de penser à briller les plongent dans l’angoisse, l’anxiété, le malaise. Comment oser être soi-même quand à l’école comme en famille on a souvent reçu l’injonction de se cacher, de s’excuser d’exister, sous le prétexte d’être pourvu de cette différence qui dérange ? Comment oser être soi-même quand, pour survivre, on a parfois dû se construire une personnalité de façade, sur laquelle on a basé toute sa vie familiale et professionnelle ? Comment oser être soi-même, quand parfois, on sent que cela signifierait tout quitter ? Quel sens de déployer ses ailes pour s’envoler vers un autre horizon, si c’est pour laisser derrière soi ses proches, sa carrière ?…

Peut-être déjà pour la simple sensation de sentir l’air frais traverser ses ailes, se sentir vivre, se sentir exister, même le cœur lourd.

Vous pouvez penser en lisant ces lignes que l’article s’adresse ici aux personnes surdouées en début de carrière ou qui ont encore des ombres à dépasser. Tant de dirigeantes et de dirigeants, déjà brillants dans la mission qu’on leur a confiée, seraient géniaux s’ils s’impliquaient vraiment, en tant que surdoués, en s’assumant pleinement, en s’incarnant dans leurs actions.

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Le Mans Enfants précoces : « Notre cerveau va juste plus vite »

Ethan et Gaspard sont scolarisés en 6e enfants précoces.

En 6e au collège Saint-Louis au Mans, Gaspard et Ethan, 11 ans, ont été diagnostiqués précoces. Ils racontent l’exclusion subie en primaire.

Le témoignage de Gaspard est bouleversant. Avec un grand sérieux et un langage soigné rarement observés chez un enfant de cet âge, le jeune Manceau raconte ses années de souffrance à l’école primaire.

« Je préférais rester seul plutôt que d’être maltraité »

Quand les autres enfants « qui faisaient deux têtes de plus » que lui, lui menaient la vie dure. « Ils me traitaient d’intello, ils se moquaient sans arrêt de moi, de ma coiffure, de ce que je disais ».

Des mots qui font mal, souvent accompagner par des coups. « Ils me tapaient dessus et me prenaient par le cou pour m’étrangler ».

Gaspard raconte aussi les longues récréations « passées tout seul sur un banc. Mais ça ne me dérangeait pas. Je préférais rester seul plutôt que d’être maltraité ».

Alors, le jeune garçon tente de se fondre dans la masse. « J’ai adopté des mots de leur vocabulaire, j’ai commencé à mettre des vêtements comme eux. Mais ce n’était pas moi, je ne me sentais pas mieux en essayant de devenir comme eux ».

« On ne se sent pas différents »

Physiquement plus grand que Gaspard, Ethan, lui, exprimait, son malaise de manière différente. « C’est moi qui tapais les autres », reconnaît le petit Manceau. « Ils se moquaient de moi, ça me mettait très en colère. Alors, j’avais un mauvais comportement. Mes parents m’ont emmené voir un psy parce que ça se passait vraiment mal. C’est là que j’ai fait des tests et qu’on a dit que j’étais précoce ».

Le diagnostic de précocité, posé « entre le CE2 et le CM1 » pour Ethan et en fin de CM2 pour Gaspard, n’a pas « changé grand-chose » pour les deux garçons. « Mes parents n’ont pas voulu le dire à la maîtresse », confie Ethan. « Ils ne voulaient pas qu’on me mette « dans une case » mais plutôt que je reste avec les enfants de mon âge ».

« C’était l’été dernier, en Italie », raconte Gaspard avec un sérieux touchant. « Nous étions sur la plage et mes parents m’ont dit « voilà, tu es précoce, tu vas aller dans un collège spécial ». J’étais surtout soulagé de quitter ceux qui me martyrisaient. Je ne me sens pas différent des autres enfants ».

« Le sentiment d’être plus à notre place »

Prenant sa tête entre ses mains, Gaspard prend un air dépité : « Vraiment, ça me hérisse quand des enfants disent « J’ai des super-notes, je suis précoce ». Ça n’a rien à voir. Les gens ne réalisent pas ce que c’est que d’être précoces et je ne comprends pas pourquoi on nous rejette comme ça ».

Et Ethan d’ajouter : « Parfois, j’ai des mauvaises notes. Ça ne veut rien dire. On peut être précoce et ne pas tout comprendre à l’école. C’est juste notre cerveau qui va plus vite et qui fonctionne différemment. Ce n’est pas une raison pour nous mettre à part ».

À Saint-Louis, Gaspard et Ethan ont intégré une classe de sixième spécialisée dans les enfants à haut potentiel intellectuel. « On se sent mieux dans notre peau quand même », se réjouissent les deux jeunes garçons. « On a le sentiment d’être plus à notre place. Même si c’est toujours un peu dur avec les autres enfants de 6e qui nous rejettent ».

Dans la cour, « on est toujours entre précoces et aussi, avec les autres exclus du collège ».

 

Pour aller plus loin

« Le Maine Libre » : Depuis combien d’années le collège Saint-Louis a-t-il créé cette section ?

Hélène Genetay (responsable de la section enfants précoces) : Ça fait plus de quinze ans. Il manquait cruellement de structures pour prendre en compte ces enfants. Ils ont vraiment un fonctionnement différent des autres enfants. Le programme est le même, ils ont les mêmes cours. C’est juste la façon d’enseigner et d’appréhender les élèves qui diffèrent.

Y a-t-il un profil spécifique aux enfants précoces ?

Oui et non. Il y a autant de profils que d’enfants précoces. Mais on retrouve souvent des caractères communs : un QI supérieur à 130, un grand sens de la justice, un gros décalage entre la maturité intellectuelle et la maturité émotionnelle et affective…

Souvent les enfants précoces sont détectés quand ils voient un psychologue soit parce qu’ils ont un problème scolaire soit pour des problèmes relationnels.

Il y a également plus de garçons que de filles dans nos classes car les filles se fondent mieux dans « le moule ». Elles se font moins remarquer, et réussissent mieux à suivre le cursus classique.

Tous les enfants précoces sont-ils brillants à l’école ?

Contrairement à ce que l’on peut penser, un tiers des précoces est en échec scolaire. Certains ne se sentent vraiment pas à leur place dans le système scolaire, d’autres ont des problèmes d’écriture car leur cerveau va trop vite pour l’écrit. D’autres ne sont pas détectés « précoces » et sont classés comme « mauvais élèves ». Mais il y a aussi des enfants précoces qui vont très bien.

Mathilde BELAUD
Le Maine Libre