Les surdoués marginaux : rebels ou intègres ?

Quand on parle de rebelle, on voit rarement la possibilité que celle-ci est en fait de l’intégrité.
L’intégrité minoritaire, à l’image de la résistance pendant la Deuxième Guerre mondiale est forcément vue comme marginale… bien que, dans le fond, elle ne le soit pas.

Le principe de la marginalité

La marginalité est bien le fait de vivre en marge des autres.
Or, quand on a une différence très prononcée, visible ou non, il est rare qu’il soit parfaitement possible de vivre en se nivelant sur les autres.
L’inconvénient de la douance, c’est qu’à l’image de certaines maladies auto-immunes, elle est invisible.Il est donc plus dur de comprendre en quoi la personne est si différente alors qu’elle parait si normale.
On voit les marginaux comme des banlieusards paumés, des jeunes désoeuvrés… c’est vrai, c’est la partie visible de la marginalité.
Mais nombre de personnes vivent en marge de la société, dont de très nombreux surdoués, faute de capacité à renoncer à ce qu’ils sont, pour s’intégrer.
Parmi ces surdoués marginaux, on retrouve les surdoués chômeurs, qu’au passage on arrive à ne caser nulle part…
On a également ces surdoués mis à l’écart, voire au placard en entreprise, incapables d’accepter un système de valeur contraire à la morale, l’éthique et les valeurs humaines…
O
n a les surdoués marginaux artistes ou vivant des vies un peu de bohème (certains métiers du tourisme et de l’animation s’y apparentent par exemple)…
Globalement, de par sa façon de penser, de voir les choses et d’agir, l’adulte surdoué est amené dans tous les domaines à devenir minoritaire, donc marginal, quand il ne fait pas de la suradaptation (mode survie de nombreux surdoués).
Marginalité et originalité, ne pas confondre.
La marginalité est bien le fait de vivre en marge, à ne pas confondre avec excentricité et originalité.
Originalité et excentricité sont positives, bien qu’il y ait peu de domaines de la vie où elles peuvent s’exprimer réellement.
Les deux sont acceptées quand le surdoué est déjà bien intégré et qu’il jouit d’un capital sympathie important, ce qui est loin d’être gagné pour nombre d’entre eux.
Ces deux traits sont, pour tous les autres, vus comme des attitudes marginales mettant sur la défensive les adultes surdoués qui en font les frais.

Rebelle ou intégrité ?

Parfois et on dira même, souvent, que la majorité a rarement raison (ou encore « c’est con une foule » JP Mocky)
Ce n’est pas parce que tout le monde fait les choses d’une certaine façon que c’est la meilleure façon de faire.
C’est souvent, tout simplement, la plus simple et la moins fatigante.
De même, de très nombreux rebelles ne sont en fait ni plus moins des personnes intégrées.
J’ai connu des Sdfs surdoués qui l’étaient parce qu’ils :

  • refusaient de renier leur humanité pour gagner de l’argent
  • refusaient de demander quoi que ce soit pour ne pas être considéré comme des profiteurs

Un ami, à l’époque, m’avait dit qu’il avait beaucoup de considération pour les sdfs, surtout intelligents : car il serait facile pour eux d’utiliser cette intelligence à des fins malhonnêtes… on parlait bien d’intégrité morale. De même, en entreprise,les surdoués rebelles sont en fait surtout des surdoués intègres qui agissent bien souvent pour le bien commun.
Leur courage vient du fait de leurs convictions profondes, leur sens de la justice et également du sens profond de la responsabilité, pour certains devoirs.
D’autres mènent une vie en marge de la société qui leur permet de vivre avec leurs convictions.
Certains métiers s’y prêtent, comme l’artisanat par exemple, les artistes, quand ce n’est pas une succession de petits boulots…

Le rôle de l’emmerdeur

Beaucoup d’adultes surdoués se retrouvent dans la case rebelle à cause du rôle de l’emmerdeur.
Celui-ci vient de deux choses.
La première, la faute en incombe à l’adulte surdoué et souvent à sa méconnaissance de sa douance.
Avec ses standards trop hauts, il ne comprend pas qu’il fait partie d’une minorité de personnes à ce stade de compréhension.
Il passe souvent pour un rabat-joie, le super « du coin » (super citoyen, super employé…), et son désir de vouloir que tout le monde soit aussi « intègre » que lui, en fait souvent un marginal complètement détesté.
Force est de constater que les grands hommes, n’ont pas fait avancer les choses, en critiquant tout le monde et en se considérant comme LA référence.
On se retrouve dans une espèce d’égocentrisme, où la seule échelle de comparaison possible est soi-même, sans se rendre compte que l’on est loin d’être un si grand exemple qu’on voudrait bien le faire croire…
Le deuxième emmerdeur est celui qui sans vouloir nuire ou se mettre en avant, refuse de renier certains principes.
Cela peut-être des principes humains.
Des principes d’intégrité artistique pour d’autres, des principes de valeur morale même si ce qui est demandé est légal…
On est là, sur des cas de rebelles proches, de ce que j’appelle « la résistance » au sens noble du terme.
À une époque, on prenait les armes et on risquait sa vie, aujourd’hui beaucoup n’osent même pas ouvrir la bouche, pourtant ils ne risquent pas leur vie…

L’un n’empêche pas l’autre

Un des exemples qui me revient souvent est Jim Morisson.
C’est vrai qu’il était drogué, qu’il est mort jeune dans un suicide effréné fait de drogues et d’alcool.
C’est vrai qu’il était complètement marginal.
Pourtant sa vision de la liberté est plus vraie, à mes yeux, que celle de ceux qui se disent libres, enchaînés à un travail qu’ils détestent.
La grande question est donc, en quoi un rebelle finit-il par devenir un leader ?
Souvent quand son combat est juste et noble, il le dépasse lui-même, au point que ses frasques personnelles n’ont aucun impact sur celui-ci (ex: Bob Marley).
Une chose est sûre, celui qui soutient les autres, jusqu’à se marginaliser, ressortira toujours vainqueur et trouvera toujours des appuis, alors que celui qui s’enfonce en critiquant les autres ne trouvera que haine et colère autour et contre lui.
Une leçon à méditer, je pense, pour tous les adultes surdoués qui se sentent marginaux et rebelles.
Par ailleurs, il faut savoir aussi basculer dans l’action plutôt que d’attendre que quelqu’un du même niveau applique vos idées (ce qui, bien sûr, réduit considérablement le nombre des personnes potentielles).
Agir est le meilleur moyen de ne pas finir aigris : arrêter de la ramener et de demander à des personnes moins compétentes que vous, de mettre en place ce qu’il faut !

http://www.surdouement.fr/

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