Enfants précoces : enfin une structure pour la Haute-Loire

Avec l’instauration d’une antenne en Haute-Loire, l’Association française pour les enfants précoces (AFEP) vient combler un grand vide dans le département. Elle veut œuvrer pour que la précocité intellectuelle ne soit plus une faiblesse, mais un atout. Et faire tomber quelques préjugés.

L’Association française pour les enfants précoces (AFEP) en Haute-Loire n’a que quelques mois et pourtant, sa responsable Nathalie Bellon croule déjà sous les coups de téléphone. D’autres parents qui ont, comme elle, un enfant intellectuellement précoce, se réjouissent de voir ouverte cette antenne locale qui veut s’attaquer à cette problématique jusque-là mise de côté. Problématique, car avoir un enfant qui possède des capacités intellectuelles au-dessus de la moyenne n’est pas toujours facile à gérer.

Un fonctionnement cérébral différent

« Ce sont des enfants qui ne fonctionnent pas comme les autres. Certains pourront vous réciter l’alphabet à l’envers à 4 ans mais ne sauront toujours pas faire leurs lacets à 10 », constate Nathalie Bellon. Si elle évoque les exemples rencontrés avec son propre enfant, la création de l’association locale lui a permis de se rendre compte que beaucoup de situations étaient partagées par plusieurs familles. Et Nathalie Bellon d’évoquer le fait de quitter la maison sans ses chaussures aux pieds, «car il est dans ses pensées ».

Un tiers des enfants sont en échec scolaire

Plus sensibles, ils ne trouvent pas toujours leur place sur les bancs de l’école au point qu’un tiers de ces enfants finissent par tomber dans l’échec scolaire. Trop en avance pour se sentir à l’aise avec les autres enfants, ils ne sont pas non plus compris par les adultes, au point que beaucoup finissent par se renfermer. C’est donc aussi face aux préjugés que l’AFEP 43 veut lutter : la précocité intellectuelle ne veut pas nécessairement dire premier de la classe !

Interventions auprès des enseignants

C’est pourquoi l’association, agréée auprès de l’Éducation nationale, a entrepris une collaboration avec l’école Saint-Louis du Puy-en-Velay pour former les enseignants de primaire et les professeurs de collège afin que que ces derniers connaissent mieux les particularités d’un enfant précoce et puissent faciliter sa scolarité. L’AFEP a également reçu une sollicitation du collège Jules-Vallès et veut proposer les services d’un formateur à tous les établissements qui le souhaiteraient. L’une de ses autres missions consiste à réunir les enfants intellectuellement précoces, ainsi que leur famille, pour des activités.

« Pas de prise de conscience à l’échelle nationale »

Ludovic Sagetat, professeur de lettre classique et formateur AFEP donnait une conférence samedi 5 avril au Centre culturel de Vals-près-Le Puy autour de la précocité. Pour lui, « il n’y a pas de véritable prise de conscience à l’échelle nationale même si de nombreuses actions ponctuelles et locales existent ». Le travail de l’AFEP43, créée en septembre, ne fait donc que commencer. « Nous voulons que d’un problème, leurs capacités deviennent un atout. Ils ont quand même quelque chose d’extraordinaire entre les mains », expliquait Nathalie Bellon.

Un manque de formation chez les enseignants

Quant à Ludovic Sagetat, qui a notamment évoqué le concept de dyssynchronie que connaissent les enfants précoces, il s’est « retrouvé face à un élève qui connaissait cette problématique », témoigne-t-il, sans avoir les clefs pour y répondre. Une absence de formation initiale et continue qu’il déplore.

Rémy Mousson Mon43.fr

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