Coming-out intellectuel…

Elle est inévitable, tout zèbre y a été confronté au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’à l’annonce de l’existence de ses rayures, & pourtant elle est toujours aussi angoissante cette question !
La voici la voilà : doit-on faire son coming-out intellectuel.

Autrement formulé, faut-il en parler ou pas ? 

Question toute simple qui appelle pourtant une cascade d’autres questions bien plus complexes & emporte avec elle tel un tourbillon bon nombre de craintes, de doutes & d’hésitations. 

Je crois que plus que « faut-il » ou « dois-je« , il faut dans un premier temps se demander :

– à qui pourrais-je en parler ?

– & finalement, dans quel but en parler ? 

 

L’approche que l’on aura vis à vis d’un(e) ami(e) ne sera bien évidemment pas la même que celle de l’un de ses parents, ou un collègue de travail, car l’enjeu est foncièrement différent selon chaque interlocuteur. De même, les attentes que l’on aura de son père ou de sa mère ne seront pas celles que l’on aura du reste de la famille, du conjoint ou de quelqu’un ayant une place plus éloignée dans notre vie. 

C’est précisément  ce qui rend l’exercice périlleux  

Il est un éternel recommencement d’explications avec force détails (sans quoi il n’y a pas d’explication claire envisageable !), de prises de risques (& donc de déceptions potentielles allant de paire avec ces prises de risques…), de combat de jugements préconçus liés au spectre de la supériorité intellectuelle qui fascine & qui, en même temps, inquiète. 

En clair, ce n’est pas simple & je crois qu’il est absolument impossible de répondre à cette question en étant catégorique,  tant le contexte & l’histoire personnelle de chacun peuvent influer sur le résultat, & les conséquences qui en découleront. Conséquences qui, je vous le rappelle, pourraient être importantes, tant dans le sens positif que négatif (ce qui est plus embêtant !)  

J’ajouterai que le coming-out intellectuel n’a pas non plus la même portée (ni les mêmes incidences) selon qu’il s’agisse d’un grand Zèbre (d’un adulte) ou d’un zébrillon (d’un enfant !)  

Attention donc aux répercussions qu’un coming-out mal compris pourrait avoir dans la vie de votre enfant au quotidien, dans ses activités, dans ses relations amicales, etc.
Les idées reçues ont la peau dure & les jalousies se traduisent souvent en petites réflexions acerbes vis à vis des plus jeunes eux-même (s’attaquer aux parents demanderait plus de cran… il est donc plus facile de diriger les pics vers l’enfant) qui sont démunis & ne peuvent faire face à ces coups portés, parfois d’une grande cruauté & injustice. 

C’est pourquoi je pense qu’il faut vraiment peser le pour & le contre quand il s’agit d’un coming-out « relationnel » (dans l’environnement familial ou simplement amical),  & ne pas se précipiter lorsqu’il s’agit d’un petit HPI.
Le soutien que s’on s’attendrait légitimement à trouver auprès d’une amie en qui l’on a toute confiance, par exemple, pourrait soudain se muter en une sorte d’affrontement & de compétition, car l’autre n’aurait pas compris la raison de ce coming-out. Elle se sentirait attaquée, rabaissée, voire ferait très vite un parallèle entre sa progéniture & la vôtre qui lui est alors présentée comme « différente » & qu’elle traduirait & percevrait malheureusement comme « supérieure » 
Et de cet énorme malentendu (sans parler du flot d’images toutes faites qui viennent immédiatement entacher l’évocation du mot « surdoué »…) découleront plus de torts, que de soutien & de compréhension.

En résumé, sur tout ce qui touche au coming-out dans le cadre de relations privées &/ou professionnelles, je suis d’avis que chaque cas est unique & mérite donc une réflexion individuelle profonde, sérieuse, qui est impossible à retranscrire dans un article comme celui-ci.

Par contre, quand le coming-out est de l’ordre du scolaire, je pense qu’il est possible d’en parler de manière plus générale 

La suite de l’article sur l’excellent  Blog « les tribulations d’un petit zèbre« 

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