Homo sapiens Nexus

Définition/Description

Procédons à une tentative de décrire/définir le nexus…

A la superficie…

En pratique, à la superficie, le vécu du nexus se présente de manières très diverses, mais quelques constantes paraissent se définir:
  • l’ennui existentiel si on n’est pas dans un environnement où l’on peut faire des découvertes et recherches, et l’impossibilité de continuer dans quelque chose (un boulot, un métier, une occupation) une fois qu’on n’a plus rien à découvrir, qu’on a « fait le tour » – donc aussi des parcours de vie qui peuvent paraître aléatoires, des carrières « ratées » et avortées, des changements de direction brusques ou interminables, des dépressions, une tendance qui s’accroît avec l’âge à être à l’écart de la société majoritaire
  • ne pas supporter les injustices même si on n’est pas impliqué personnellement dans la situation
  • être rassuré plutôt par la pensée « négative » que par la pensée « positive » (méthode Coué). C’est à dire préférer (ou même avoir besoin) de voir et prévoir, aussi et surtout les éléments « négatifs » (pour pouvoir les résoudre ou gérer), que de se « droguer » dans un état « positif » en ne pensant qu’à des choses agréables et écarter de son esprit les désagréables.
  • on peut tout remettre en question et a une tendance naturelle à le faire. Cette capacité de douter de tout est en même temps une grande force et notre tendon d’Achille. Ça donne comme effet:
    • dans le « positif »: être très créatif, aussi dans les concepts, pouvoir réfléchir et agir « out of the box », trouver des solutions où d’autres butent, inventer, créer, recombiner librement et de manière non-conformiste; intégrer de nouvelles données dans une théorie existante et adapter, renverser, reconstruire celle-ci selon les besoins
    • dans le « négatif »: dirigeant cette remise en question vers notre propre personne on est à risque d’avoir un manque de confiance en soi; une aptitude à devenir victime de pervers narcissiques, de « vampires émotionnels » et à être déstabilisé par des attaques sur notre auto-estime sain de base (ça peut toujours être vrai ce qu’on dit sur nous, on est toujours prêt à nous remettre en cause à nous-mêmes, c’est toujours possible qu’on est soi-même un pervers narcissique, qu’on soit nul, bête, et qu’on hallucine, …).
  • aucun intérêt dans l’argent et les biens en tant que tel
  • aucun intérêt dans la compétition et le statut social voir même un dégoût vis-à-vis de ceux-ci
  • aucun intérêt dans les conversations « vides » sur le beau temps, le « frottement social »
  • la monogamie comme tendance naturelle; dans les relations amoureuses et amitiés on se donne à 100% et cherche une connexion à grande profondeur ou on ne commence même pas; on est très fortement affecté tant par ce qui va bien que par ce qui va mal, une vie émotionnelle et affective très intense
  • un très grand besoin d’affection réelle et d’amour réel (inconditionnel, libre et profond)
  • quand on peut fonctionner en table ronde (comme opposé à la hiérarchie) et en posant l’attention sur le thème en question au lieu de sur les ego en question on se sent beaucoup mieux; la déception quand ceci ne marche pas ou se pervertit, ce qui est souvent le cas;
  • on a « un problème » avec l’autorité, bien entendu, puisqu’on est obsédé par la justice, la vérité, et aussi propulsé par l’empathie et l’altruisme naturel. Si quelqu’un utilise un statut social ou de la violence pour faire passer des mensonges, des erreurs de jugement, des injustices, ou de l’abus, bien entendu on réagit très fortement et n’acceptera pas simplement son « autorité »;
  • on ne change donc pas d’avis sous pression sociale, mais seulement par compréhension, par arguments et observations. On est très têtu dans ce sens, mais aussi très flexible: une fois la chose vu d’autre manière, on change très facilement d’opinion. L’approche du vrai scientifique finalement.
  • une très forte et « gênante » empathie et envie ou même besoin d’aider; « gênante » pas pour nous en soi, au contraire, mais parce que pas « normale » et donc nous écartant de la société et nous isolant, et parce que pas compris en tant que tel et souvent pris pour une envie de se mêler, de toujours savoir mieux, d’être un casse-couille, de prendre le dessus (projection d’un fonctionnement hiérarchique sur notre altruisme naturel). Le syndrome de Kirikou ou de Cassandre.
  • voir complètement à travers le vernis superficiel du comportement « civilisé » et capter automatiquement et très fortement les véritables intentions et états d’esprit en dessous (ce qui nous distingue très clairement des autistes haut rendement qui, eux, ne savent pas ou très mal déchiffrer des expressions faciales et corporelles – nous on sait « trop bien » le faire)
  • pouvoir voir, comprendre, considérer et facilement adopter ou intégrer, pour autant qu’il y a quelque chose de juste dedans, les points de vue des autres. Pouvoir voir en même temps tous les points de vue en jeu sans prendre partie pour l’une ou pour l’autre personne.
  • une pensée en réseau, en 3D, explosive dans tous les sens, contrairement à la pensée linéaire; de là souvent la sensation (et le fait) que les autres ne nous comprennent pas, et parfois l’idée qu’ils ne « veulent » pas comprendre (puisque pour nous ça paraît logique et simple ce qu’on pense et on projette une neurologie pareille sur tous les autres humains)
  • ne pas seulement avoir un intérêt dans la philosophie, l’art et/ou la science, mais réellement être philosophe, artiste et/ou scientifique – sans pour autant le voir ainsi ou vouloir ou pouvoir se donner ce « titre ». En même temps on n’avale rien juste comme ça dans ces domaines (comme dans n’importe quel autre), ce qui nous fait exactement ça: des philosophes, des artistes, des scientifiques au lieu de consommateurs, admirateurs ou érudits.
  • la tête qui « ne s’arrête jamais »
  • une intensité vitale et existentielle « anormale », comme si on vit à double ou triple intensité. La sensation que les autres ne vivent pas réellement, qu’ils ne font que passer leur temps, qu’ils n’évoluent pas et qu’ils meurent sans avoir réellement vécu.
  • la sensation d’être régulièrement trahi, abusé, traité sans compassion, sans considération. (Relativement parlant, c’est vrai, mais dans l’absolu, ce n’est qu’une incompatibilité, des attentes et exigences irréalistes de notre part vis-à-vis des neurologies « normales ».)

Pourquoi le terme « nexus »

Nous avons choisi ce terme « nexus » , qui en latin réfère à « connexion », parce que nous croyons que, plus à la racine, la connectivité est essentiellement ce qui distingue cette sous-espèce du reste de l’humanité:

  • plus de neurones (surtout une région néocorticale plus développée)
  • qui sont plus connectés entre elles
  • ce qui résulte en une connectivité
    • plus rapide
    • plus vaste
      • entre les neurones
      • entre les idées, concepts, émotions, sensations en soi
      • entre le nexus et son environnement (social/affectif/émotionnel,psychologique, physique)
Le concept de nexus et celui du surdoué ont des points en commun mais ne semblent pas identiques. Les méthodes pour détecter des surdoués (le test QI surtout) ne captent les nexii que de manière tangentielle et incertaine puisque, selon nous, ils ne visent pas à détecter les différences d’architecture d’esprit et de neurologie en tant que tel, mais essaient plutôt de mettre en ordre croissant/décroissant des individus selon des compétences mesurées, et présupposent une architecture de base commune. Nous, et ceci basé sur notre propre expérience, partons de deux architectures mentales (et possiblement neurologiques) différentes.

Le fonctionnement du nexus

Mental

Le nexus se caractérise à la racine par la pensée en réseau (multidirectionnelle, parallèle, simultanément selon de multiples axes en même temps). L’image pourrait être celle d’un nuage d’éléments avec des liens entre elles dans toutes les directions en même temps, sans centre fixe, sans dessus ni dessous fixe, et ceci changeant de manière rapide et dynamique. Une pensée et neurologie anarchique, explosive et très ramifiée, avec une quasi infinité de niveaux possibles d’abstraction, de « zoom », comme des fractales dans lesquelles on voyage librement.
Ceci se juxtapose à la pensée « neurotypique » qui est plutôt linéaire/hiérarchique et ne sait donc pas suivre les ramifications et simultanéités de la pensée nexus.
Précisons que l’un n’est pas « mieux » que l’autre bien évidemment. Par contre, si on exige ou attend de l’un le fonctionnement de l’autre (et cela vaut dans les deux sens), on crée des problèmes voir des désastres – et beaucoup de souffrances « inutiles », dans le sens que la simple reconnaissance de ces différences radicales (cfr. racine), au moins par les nexii eux-mêmes, éviterait ces souffrances simplement et durablement.

Social

Le nexus ne s’inscrit pas réellement dans une structure sociale, il se connecte plutôt dans un réseau. Les points centraux ou axes ne sont pas les personnes, sinon des thèmes. La communauté scientifique en est une bel exemple.
Si on peut décrire homo sapiens sapiens comme un animal qui fonctionne de manière tribale, s’organise en structures sociales stratifiées et hiérarchiques, et est territorial; le homo sapiens nexus est un animal qui déteste l’hiérarchie et l’autorité (qu’il soit « au-dessus » ou « en dessous » ça reste pareil, c’est le fonctionnement hiérarchique/autoritaire en soi qui est contraire à sa nature), ne s’identifie pas aux tribus et n’est pas territorial. Il n’est même pas anarchiste ou communiste, il fonctionne simplement en réseau, hors des -archies et -ismes. Ceci correspond à un ego très faible ou inexistant, ou, autrement dit, à un ego très grand qui enveloppe beaucoup plus que sa propre personne – ce sont deux manières de décrire la même réalité psychologique. Bien qu’il ne soit pas tribal, le nexus a néanmoins un grand besoin d’être connecté à d’autres nexii. Etant isolé il ne trouve pas de reflet à ses états affectifs (« feeling felt ») ni de nourriture mentale de laquelle il dépend pour son bien-être autant que la nourriture physique, et sa grande capacité de mettre tout en question peut se tourner contre lui-même en remettant en question son droit d’exister.

Education

Le nexus apprend par excellence par lui-même, c’est-à-dire à son rythme et selon son agenda intérieur lié à ses intérêts du moment. Il sait très bien ce qu’il veut apprendre quand et a seulement besoin d’apport de ressources et du partage de compréhensions. Tout autre « éducation » sera ressenti comme une forme de violence ou forçage et n’aura pas d’effets bénéfiques sur lui. Comme il éprouve un grand plaisir naturel à apprendre et investiguer des choses, à créer et réorganiser des liens, à « comprendre » en un mot, il n’a pas besoin d’être « discipliné » pour étudier, au contraire. Il fonctionne mal dans des agendas imposés, entre autres parce que par nature il ne fonctionne pas en hiérarchie/autorité.
Mémoriser est en général pas quelque chose qu’il aime bien faire, c’est pour ça d’ailleurs qu’il a inventé l’écriture. Son intérêt est dans la compréhension, pas dans l’accumulation de connaissances.
Vu les différences très fondamentales en architecture mentale (et fonctionnement social), il n’y a que d’autres nexii qui peuvent effectivement lui expliquer les choses d’une manière qui lui convient.

lien de la page que j’ai c/c : https://sites.google.com/site/homosapiensnexus/home 

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12 réflexions sur “Homo sapiens Nexus

  1. Bonsoir, je trouve votre article intéressant mais je m’interroge sur l’origine de cette théorie. Êtes-vous le seul auteur de cet article (vous employez le « nous »)? Vous êtes-vous basé sur d’autres théories? Ce n’est pas une critique juste un questionnement. Merci

  2. Salut Fred !
    Merci pour cet éclairage !
    On a toujours « douté » de ma douance…
    Du tort s’en ai suivi…
    J’ai mis plus de 4 décades pour en prendre conscience et en mesurer les conséquences.
    En gros, j’ai tourné en rond dans un environnement très hostile.
    Les profiteurs ….en ont profité !
    Lol !
    Je pense que la sortie de « crise » c’est bien un minimum d’organisation qui permet de se
    Recentrer sur soi de s’aimer plus, de soccuper plus de soi-même, d’atteindre des objectifs
    qui nous tiennent à cœur. L’image du marginal OK…pour un temps.
    Choisir des armes modernes, dites superficielles; voilà ce que je vois pour entrer dans la course.
    Voilà…voilà…
    Je suis une femme du Sud de la méditerranée…
    Si ce n’était ma connaissance du français, l’info me serait passé encore longtemps sous le nez.
    Merci encore…
    Prends soin 2 toi..
    Le Bonjour à tous les Nexii du site

  3. Merci pour cet article. Ces mots et explications nuancés sont pour moi une libération. J’aimerais être capable d’expliquer aussi facilement en peu de mots et d’atteindre mon interlocuteur quand je me sens piégé par ses «accusations-affirmations» de ce qu’il croit que je pense ou ressens. Il faut que je cesse de me culpabiliser de ne pas être toujours compris mais c’est très difficile. Je n’ai pas d’amis (des vrais, j’ai juste des «connaissances» ou des gens qui sont contents que je leur rende service) et c’est la seule chose qui me manque vraiment en ce moment, si j’en avais au moins un, ça serait plus facile peut-être. Bref, ce site est une sorte d’exutoire dans mes moments de solitudes trop cruels. (Quoique la solitude soit un vrai bonheur la plupart de temps.)

  4. « des autistes haut rendement  » je suppose que ça veut vouloir dire autiste de haut niveau.
    Cet article défini très bien l’aspie femme ceci dit
    Un aspie peut très bien être homo sapiens nexus au passage 🙂

  5. Bonsoir,
    Je viens de tomber sur votre page et cet article. Comme envie de pleurer de se lire, que de moment de vie ici rassemblés, de choses vécues…mais suis je vraiment cela…un autiste aux autres et au Monde. Merci pour ce partage.
    Bonne soirée à vous

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