« J’aime l’histoire, pas les chanteurs à la mode »

Ouest-France

Les enfants précoces représentent 2 % de la population. Malgré les progrès, ces enfants rencontrent toujours des difficultés. Laurence et sa fille Marie (1), Plouhinécoises, témoignent.

La découverte

Marie, 11 ans, est l’aînée d’une fratrie de trois filles. « À 3 ans, nous allions lui acheter des livres sur l’Égypte qui était sa passion du moment. Elle pouvait en parler pendant des heures, sourit Laurence, sa maman. Nous n’y avons rien vu d’étrange. » En maternelle, Marie, 4 ans, était une petite fille que l’institutrice qualifie d’associable. À la lecture d’un magazine, Laurence entend parler de précocité. « Nous avons consulté une psychologue spécialisée, explique-t-elle. Après quelques minutes de discussions et de dessins dans son bureau, la psychologue a souhaité revoir Marie pour un test de QI. » Le test a confirmé la précocité de Marie. Une première étape vers un parcours du combattant avec l’Éducation nationale.

Parcours scolaire compliqué

Marie est une adolescente plutôt scolaire qui a soif de nouvelles connaissances. « J’aime apprendre de nouvelles choses, des nouvelles langues, explique Marie. La répétition est ce qui est le plus difficile pour moi à l’école, je m’ennuie. » Le rythme scolaire est trop lent. Marie a effectué deux sauts de classe. « J’attends d’aller au lycée avec impatience, souligne l’adolescente. Mais il me reste un an de collège à faire avant. » Difficile de savoir quelle décision prendre : Laura, sa soeur, a sauté une classe et s’ennuie terriblement aussi tandis que Sophie, 3 ans, commence la lecture. « Avec de bons résultats mais pas 20/20 partout, les enseignants refusent d’entendre parler d’ennui, souffle Laurence. Mais comment s’intéresser et exceller sans motivation. Est-ce qu’un adulte est capable de rester concentrer sur un sujet qu’il connaît et ensuite répondre parfaitement à l’ensemble des questions ? »

La précocité, un cadeau empoisonné ?

Marie est une petite fille hypersensible, comme beaucoup d’enfants précoces. « Mais elle refuse de le montrer. Elle garde en elle et joue les caméléons, explique Laurence. Difficile d’expliquer à ses professeurs qu’elle est malheureuse alors qu’elle sourit devant eux toute la journée. »

Marie ne considère pas toujours sa précocité comme un cadeau. « C’est difficile d’être différente des autres, explique-t-elle. J’aime lire et écrire, je me passionne pour l’histoire quand mes copines aiment les chanteurs à la mode. Alors je fais semblant. Et à la maison, je suis moi-même. » Laurence s’inquiète, pour ses filles, surtout sur le plan scolaire. « Comment faire pour qu’elles continuent de s’accrocher dans un système qui n’est pas adapté pour elles, s’attriste la maman. Nous avons la chance d’avoir quelques enseignants à l’écoute mais c’est si rare. »

(1) Prénom d’emprunt.
L’article

Mille et une vies

Dans la famille de Patrick et Delphine, tout le monde est surdoué. Sophie, elle, a appris sa précocité sur le tard. A quoi ressemblent leurs vies ? Cette singularité est-elle synonyme de bonheur ou malheur ?
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Avoir de l’humour noir est un signe de haute intelligence

Par , publié le 31/01/2017 lexpress.fr

Et si le nouveau test de QI [quotient intellectuel] consistait à jauger la réaction des gens face à l’humour noir? Une étude publiée dans la revue Cognitive Processing indique en tout cas que l’intelligence joue un rôle majeur dans l’appréciation de cette forme d’humour qui aborde des thèmes morbides, comme la guerre, la mort, la maladie, le handicap ou le racisme.

EN IMAGES >> EN IMAGES. Fluide Glacial, 40 ans d’humour noir

Pour en arriver à cette conclusion, l’équipe de chercheurs emmenée par Ulrike Willinger, de l’Université médicale de Vienne, en Autriche, a interrogé 156 personnes -76 femmes et 80 hommes- âgées de 33 ans en moyenne. Les scientifiques ont montré aux participants 12 dessins humoristiques de The Black Book, une bande dessinée du dessinateur allemand Uli Stein, l’un des maîtres en matière d’humour noir, explique The Guardian.

« Bien sûr que c’est mon mari »

L’un des dessins représentait par exemple un docteur dans une morgue, soulevant le drap d’un corps. Une femme confirmait alors: « Bien sûr que c’est mon mari. Mais au fait, quelle lessive avez-vous utilisée pour le rendre si blanc? ». Un autre montrait une discussion entre un médecin généraliste et un couple attendant un enfant. « Pour commencer, voici la bonne nouvelle, votre enfant trouvera toujours une place de parking. »

Les chercheurs ont ensuite demandé aux participants s’ils avaient compris, et surtout s’ils avaient apprécié ces traits d’humour. Puis, ils les ont séparés en trois groupes et leur ont fait passer des tests oraux et écrit de QI, des tests sur l’humeur et l’agressivité et les ont interrogé sur leur parcours scolaire.

Peace, love, QI et humour noir

Le « groupe 3 », constitué de personnes ayant le mieux compris et le plus apprécié les blagues, a obtenu les meilleurs scores aux deux tests de QI (109,7 et 118,1), mais aussi les scores les plus bas aux tests d’agressivité et d’humeur. Les membres étaient aussi « les mieux éduqués », précise l’étude.

Le « groupe 1 », lui, était composé de personnes ayant modérément compris les traits d’humour et les ayant détestés le plus. Leur score de QI était dans la moyenne (101 et 97,8), mais leur score « de mauvaise humeur » et d’agressivité étaient, eux, les plus hauts.

Le « groupe 2 », enfin, était formé de personnes ayant modérément compris et modérément aimé les gags. Elles montraient une intelligence moyenne (96,8 et 102,8), comme le groupe deux, mais leurs scores aux tests d’humeur et d’agressivité étaient moins élevés.
L’article ici

Les 10 traits de caractères qui empoisonnent la vie des adultes surdoués

huffingtonpost.fr   17/01/2017
Valérie Foussier Médecin endocrinologue

Les adultes surdoués ou à Haut potentiel (HP) ont un mode de fonctionnement bien différent et ignoré des autres adultes voire des HP eux-mêmes. Cette ignorance est à l’origine de leur mal être créant un gouffre incompréhensif avec les autres, un décalage invivable. C’est aussi leur mode d’emploi qui fait leur force et qui est tant jalousé. Oui vous souffrez de vos capacités qui vous occasionnent tant de douleur. Voici dix fonctionnalités ou dix traits de caractère qui font qu’on vous recherche d’abord et qu’on vous malmène ensuite.

1 – Empathique et gentil

Vous avez un don indiscutable, l’empathie et la gentillesse extrême. Vous devinez les besoins des autres avant les vôtres que vous avez tendance à ignorer. Vous percevez ce que les autres ressentent et même de façon bien plus marquée. Vous vous perdez en vous adaptant de façon démesurée à l’autre. C’est justement pour votre altruisme sans limite que les manipulateurs viennent vous chercher. La face fragile qu’ils montrent de prime abord, vous touche et vous tombez dans leurs griffes. Cessez d’être gentils, soyez vrais. Bien sûr il existe des personnes bien intentionnées qui apprécient votre empathie et gentillesse à sa juste valeur, deux qualités qui font le lit du charisme, tant convoité.

2 – Résilient

Vous avez cette capacité à encaisser l’insupportable en vous relevant illico presto, à conserver le sourire malgré l’orage, à trouver des solutions constructives face à l’adversité de la vie. Cette force peut aussi effrayer ou vous apporter un lot d’injustice. On vous considère comme un affabulateur ou une affabulatrice hors pair ce qui accentue votre tendance naturelle au débordement émotionnel qui a pour effet de vous mettre tout le monde à dos, alors que vous êtes juste résilient. Cela fait l’effet d’une bombe en plein cœur. Pourtant on vous choisit, on vient vous chercher même pour ce pouvoir surnaturel, votre résilience. Ce sont des personnalités manipulatrices qui abuseront de votre capacité à vous remettre debout immédiatement après une agression. Vous êtes encore trop à être malmenés par votre potentiel: vivre l’intolérable sans être cru, terrassés par une cascade d’injustice.

3 – Passionné

Quand vous êtes motivés, plus rien ne vous arrête pour arriver à votre objectif. Malgré un enchainement d’embuscades, vous franchissez sans mollir les obstacles en continuant votre route jusqu’au sommet, animés par votre passion imperturbable, jusqu’à l’épuisement, souvent à votre insu. Attention, vous n’êtes pas toujours récompensés et indemnisés de vos efforts surhumains. En d’autres termes, on vient vous chercher pour faire du chiffre d’affaire sur votre dos, en vous faisant miroiter monts et merveilles. Quand vous le comprenez, vous chutez dans la déception et l’incompréhension jusqu’à la dépression.

4 – Vitesse éclair

Vous faites tout dix fois plus vite que les autres, en dehors de l’absence de motivation qui vous expose à l’inaction et à la procrastination. Votre rapidité d’exécution, de compréhension est une mine d’or pour les chefs d’entreprise, pour le milieu scientifique, pour la hiérarchie car encore une fois vous générez des gains. Le temps c’est de l’argent. Votre vitesse d’exécution déconcertante peut aussi être vécue comme un affront pour vos collègues qui se sentent consciemment ou inconsciemment dévalorisés. Ils chercheront alors à vous nuire de n’importe quelle façon fallacieuse pour se mettre en avant, en n’omettant pas de vous rabaisser par des mensonges difficiles à réfuter. Un beau tissu d’injustices. Cela peut vous conduire à des licenciements pour faute qui vous conduiront tout droit à la dépression car vos valeurs humaines fondamentales sont bafouées.

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Valérie Foussier est l’auteure de « Adultes surdoués cadeau ou fardeau ? » aux éditions Josette Lyon

Adultes cherchent diagnostic

06 décembre 2016 Isabelle Audet La Presse

Ils ont fait leur vie, mais sans jamais se sentir tout à fait comme les autres. Bien qu’ils aient quitté l’école depuis des lustres, de plus en plus d’adultes demandent  une évaluation pour savoir ce qui ne va pas: souffrent-ils d’un TDAH, de dyslexie, d’autisme, présentent-ils une douance ou un autre trouble qui leur échappe?

Les organismes qui viennent en aide aux personnes autistes, atteintes d’un TDAH ou souffrant d’un trouble d’apprentissage sont formels : de plus en plus d’adultes demandent, eux aussi, à être évalués. Ils sont nombreux à avoir l’impression d’être passés dans les mailles du filet lorsqu’ils étaient petits.

Les demandes d’évaluation pour le trouble de l’attention, l’autisme, la douance ou un autre trouble d’apprentissage ne sont donc pas réservées aux enfants. «On en voit beaucoup, surtout auprès de parents dont les propres enfants ont reçu un diagnostic», confirme Alexandra Martel, neuropsychologue et cofondatrice du Centre d’évaluation neuropsychologique et d’aide à l’apprentissage. Ces adultes se reconnaissent dans les difficultés de leur enfant, et ils constatent qu’eux aussi, ils ont besoin d’aide.

«D’autres peuvent être en surcharge. Ils éprouvent des problèmes au niveau de l’humeur, comme la colère, l’anxiété… Ils vont commencer par voir un psychologue ou un médecin, et finir par conclure que la source peut être, par exemple, au niveau d’un trouble de l’attention», poursuit la neuropsychologue.

«On ne voyait pas autant d’adultes avant. Ç’a commencé à être plus important il y a deux ans, je dirais. Plus c’est connu, plus la recherche avance, plus des diagnostics précis sont posés, et moins c’est tabou», précise Odette Raymond, consultante et formatrice à l’Institut des troubles d’apprentissage.

Les personnalités publiques qui acceptent de parler d’un trouble ou d’une condition ont d’ailleurs un impact direct sur l’augmentation des demandes de consultation. «On reçoit régulièrement des appels d’adultes qui soupçonnent qu’ils sont autistes, mais lorsque [l’humoriste] Louis T est allé parler de son autisme à l’émission Tout le monde en parle, on a eu des téléphones, des courriels… ça fait vraiment une différence», note Jo-Ann Lauzon, directrice générale de la Fédération québécoise de l’autisme.

L’avancement de la recherche permet aussi à des adultes de comprendre aujourd’hui l’origine de difficultés contre lesquelles ils se battent depuis toujours. «Souvent, on voit des personnes qui ont fait preuve d’une grande débrouillardise toute leur vie, ou qui se sont dirigées dans un domaine où elles pouvaient pallier leurs problèmes, explique Odette Raymond. Mais à un moment donné, elles sentent le besoin de faire face aux difficultés.»

Un diagnostic pas automatique

Comment savoir si ces difficultés ne sont pas le lot d’un peu tout le monde? «Il faut se demander à quel point les difficultés ont un impact sur notre quotidien, explique Alexandra Martel. Ceux qui demandent une évaluation se sentent dépassés. Ils ne peuvent plus compenser. Il va y avoir souvent des problèmes associés: des problèmes financiers, professionnels, conjugaux…»

Une demande d’évaluation n’entraîne toutefois pas automatiquement un diagnostic.

«Je dis aux personnes qui se présentent: « Je ne vous garantis pas un diagnostic. Je vous garantis un profil de forces et de faiblesses, et je vous garantis une compréhension de fonctionnement. » L’idée, c’est de permettre à la personne de compenser ses faiblesses à travers ses forces.»

En clair, qu’il y ait un diagnostic ou pas, l’idée est de trouver des solutions à une situation bien réelle, résume la spécialiste.

Où sont les ressources ?

Une fois le diagnostic en poche, si c’est le cas, il importe ensuite d’apporter des aménagements au quotidien pour minimiser les impacts d’un trouble ou d’une condition particulière. «Devant notre employeur, il faut arriver avec des solutions concrètes, propose toutefois Odette Raymond. Quand on est rendus à 35, 40 ou même 50 ans, on sait ce qui marche pour nous et ce qui ne marche pas. On utilise ce que l’on sait de nous pour expliquer quels outils pourraient nous aider, quand c’est possible – un logiciel pour la révision, ou la réduction du bruit, par exemple.»

Rien n’oblige toutefois quelqu’un à révéler sa condition. Parfois, le milieu n’est pas très accueillant, préviennent les organismes d’aide. «Il y a tout un cheminement qui a été fait dans les écoles, mais on n’est pas là dans toutes les entreprises», croit Mme Raymond.

Même son de cloche à la Fédération québécoise de l’autisme. «En théorie, il y a des services pour les adultes, mais dans la pratique, cette offre est peu disponible», ajoute Jo-Ann Lauzon. Elle constate toutefois que plusieurs adultes qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme contribuent à la diffusion de l’information, et se montrent très revendicateurs.

L’objectif des organismes d’aide: faire tomber les tabous autour de ces troubles qui subsistent à l’âge adulte. «On a tous des forces. Parfois, elles sont cachées par les troubles d’apprentissage, mais il y a des forces développées grâce aux troubles d’apprentissage ! La résilience, la persévérance, l’ardeur au travail, la capacité de se mettre en mode solution… il ne faut pas négliger ça non plus !»

Qui fait le diagnostic? Qui intervient?

Au Québec, les neuropsychologues sont souvent appelés à évaluer ceux qui soupçonnent un trouble comme le TDAH, ou encore un trouble du spectre de l’autisme. Des psychologues peuvent aussi procéder à une évaluation. Ces professionnels travaillent parfois de pair avec des médecins et des psychiatres, qui confirment les diagnostics. En plus de ces spécialistes, plusieurs autres professionnels, comme des orthophonistes, des orthopédagogues ou des ergothérapeutes peuvent ensuite épauler les adultes qui ont besoin d’aide.
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Accepter ma surefficience pour vivre ma complexité… plus simplement!

Il y a quelques mois, j’ai fait une découverte bouleversante sur moi-même. Après 33 ans d’existence, et à peine moins de quête identitaire, j’ai compris que j’étais surefficiente. Mot un peu barbare pour parler de haut potentiel, de gens précoces, zèbres, surdoués, et j’en passe. J’aimerais vous raconter comment j’en suis venue à ce diagnostic, et le changement que cela a provoqué dans ma vie.

Vous connaissez l’expression familière des romans de gare : « Tout a commencé quand… » ? Eh bien, j’ai bien failli l’utiliser, alors que pour moi ce n’est pas aussi simple. Je préfère parler de « fait déclencheur ». Je ne vous raconterai pas aujourd’hui tout ce qui m’a mené jusqu’à ce déclic. Ce serait trop long à faire entrer dans un seul article. Comme je viens de le dire, j’ai déjà 33 ans et une longue route de quête identitaire derrière moi!

Le déclic : me sentir sur la même longueur d’ondes qu’une personne surefficiente

Un beau jour de 2016, j’ai reçu dans l’association dans laquelle je travaillais une jeune stagiaire de 17 ans. Elle devait faire un stage de découverte et avait choisi notre structure. Je l’ai trouvée un peu spéciale au départ, elle était très discrète. Elle se contentait d’observer. Mais très rapidement, et presque implicitement, elle a pris de plus en plus de responsabilités dans l’équipe, alors qu’elle n’était supposée qu’observer notre travail. C’était totalement impossible de ne pas lui faire confiance : dès que je lui confiais une tâche, elle me montrait qu’elle m’avait parfaitement écoutée et qu’elle avait parfaitement compris mes attentes. Et qu’elle avait pris grand soin à faire ce travail. Le résultat était impeccable.

Je suis moi-même un peu spéciale au point de vue des attentes : je suis bien placée pour savoir qu’il est quasiment impossible de combler les miennes ! Je suis donc consciente que c’est très bizarre que quelqu’un arrive à les combler. En plus de ça, nous faisions régulièrement une partie de la route du retour ensemble, et malgré notre énorme différence d’âge, j’avais l’impression que nous pouvions parler très facilement, de façon fluide, de tous les sujets possibles, en l’espace de cinq minutes. A la fin de sa deuxième et dernière semaine de stage, nous avions développé une relation discrète mais confiante, et complice. C’est ce qu’il lui a fallu, je suppose, pour m’avouer qu’elle était surefficiente.

Je ne connaissais pas du tout ce terme, et je lui ai demandé ce que ça signifiait pour elle. Je ne me souviens plus précisément de ce qu’elle m’a dit. Elle m’a simplement expliqué son fonctionnement, en prenant des exemples concrets. Au fur et à mesure, sa liste s’agrandissait, et j’avais l’impression qu’elle me parlait de moi. J’étais très intriguée. Elle m’a dit que peut-être que moi aussi j’étais surefficiente, et que ça expliquerait qu’on arrive si bien à communiquer toutes les deux. Elle a ajouté que ses deux parents avaient été diagnostiqués très tard, et qu’un ouvrage les avait beaucoup aidés : Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant, de Christel Petitcollin.

« Si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide »

Je me suis donc procuré ce livre et l’ai dévoré. 90% des affirmations de l’auteur me correspondaient. Oui, j’étais hypersensible, hyperlucide, et j’avais tendance à la dépendance affective. Oui, ma pensée fonctionnait en arborescence, et oui je m’ennuyais très souvent. Oui, j’avais souvent l’impression d’être en total décalage par rapport aux autres personnes. Rejetée, moquée, ou bousculée très souvent. Oui, je me sentais très souvent en échec sur des choses qui paraissaient faciles aux autres. Oui, ma principale motivation dans la vie était de connaître, d’apprendre, de comprendre, de mettre en harmonie. Oui, j’avais plein de passions, des lubies, et j’avais du mal à rester très longtemps intéressée par un projet une fois que j’en avais fait le tour.
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Eve-Marie Koehler, surdouée pour hauts potentiels

27 11 2016

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Une femme libre
L’Ecole Germaine de Staël qu’elle a fondée en 2009 accueille cinquante enfants à «haut potentiel» de 3 à 17 ans. Dans son bureau, un portrait de Germaine de Staël l’inspire quotidiennement. «Cette femme libre, fille de Jacques et Suzanne Necker, Suisses romands devenus des figures marquantes de la société parisienne, a eu une influence à la fois politique et littéraire à travers l’Europe», explique avec admiration celle qui prépare un doctorat sur le sujet.
Mais ce qui l’occupe quotidiennement, en plus de ses cours de pilotage ou de ses cinq enfants, c’est la gestion de son école et le bien-être des écoliers qui la fréquentent. Son établissement, composé de cinq classes avec des petits effectifs, propose un programme enrichi, avec des langues étrangères, de la musique, du théâtre, des sciences poussés ou du tai-chi pour des filles et garçons qui ont pour point commun d’avoir un quotient intellectuel dépassant les 125.

Pas davantage de hauts potentiels qu’avant
Face à l’ampleur du phénomène et au manque de structures dédiées aux hauts potentiels (HP) – mis à part la Garanderie à Lausanne – elle doit constamment refuser des demandes malgré l’écolage qui s’élève de 14 000 à 26 000 francs, proportionnellement aux revenus.Elle envisage d’agrandir son école mais peine à trouver des locaux. «Environ 3 à 4% de la population possède un quotient intellectuel supérieur à 125, toutes classes socio-économiques confondues. Il n’y a pas davantage de hauts potentiels qu’avant mais aujourd’hui les enseignants ont appris à mieux les identifier. Ces enfants possèdent une pensée en arborescence, parfois envahissante, avec des idées qui en appellent d’autres. Ils présentent une très grande sensibilité, ont une énorme capacité de mémorisation, un esprit de synthèse et une très bonne logique», explique-t-elle, intarissable sur la thématique qu’elle a étudiée à l’Université Paris V, sous la conduite de Maria Pereira.

Caractère explosif
«Si certains enfants s’intègrent bien dans un système scolaire traditionnel grâce généralement à une famille qui les nourrit intellectuellement, d’autres présentent des troubles ou des signes d’ennui très marqués, avec parfois des échecs scolaires. D’autres encore se blindent émotionnellement et s’intègrent mais cela laisse des traces. Ils se transforment parfois en adultes aigris et en veulent à la société entière», poursuit-elle.
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