Ma vie professionnelle est chaotique, disent les adultes doués

 16/11/17////  Lejournaldesfemmes

C’est par cette phrase quasi rituelle que se présentent les adultes venus en consultation, généralement après un long périple incluant divers essais thérapeutiques. Leurs recherches les ont entraînés sur la piste du don intellectuel et ils y ont vu une amorce prometteuse d’explication.

Il est toujours délicat de résumer une existence de plusieurs décennies en quelques phrases.  Celle qui paraît le mieux convenir à ces adultes à la recherche d’eux-mêmes est bien ce terme de « chaotique ». Il apporterait un semblant de cohésion : dans un chaos, on peut trouver quantité de données, d’événements, de péripéties sans lien entre eux. L’unité serait uniquement fournie par ce terme bien qu’il  donne parfois le vertige à lui seul.
Quand ces adultes en quête commencent à raconter leurs parcours, il apparaît vite caractéristique de certaines personnes douées. Il a emprunté de multiples directions, généralement avec succès, mais il n’a pas été possible de persévérer, chaque fois pour une raison tout à fait acceptable.
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Ce n’est pas toujours possible pour ceux qui n’ont pas pu faire d’études pour de multiples raisons dont certaines sont propres aux personnes douées, mais il y a aussi, très souvent,  des contraintes économiques ou sociologiques. Dans ce cas-là, on tient une explication toute trouvée pour le chaos d’une vie qui n’a pu se construire comme il l’aurait fallu. Pour ceux-là, le nombre et la diversité des métiers exercés, le plus souvent avec succès, est proprement étourdissant, même quand il y a eu des périodes de creux dont ils préfèrent ne pas parler.
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En réalité, la personne douée qui se voit contrainte, qui étouffe, qui se sent révulsée, se sent aussi mourir.  Il est vital pour elle de partir, même si elle n’est pas particulièrement harcelée.
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Qu’y a-t-il à l’intérieur du cerveau des surdoués ?

Les enfants surdoués ont un cerveau qui se développe de manière un peu différente des autres : le cortex s’épaissit plus longtemps, la matière blanche aussi, au niveau du corps calleux. Résultat : ils apprennent davantage et réfléchissent plus vite.

Le génie ne se repère pas seulement au travers d’une œuvre ou de théories, il se voit aussi à l’IRM. Les techniques d’imagerie cérébrale ont ainsi révélé que le cerveau de jeunes individus doués d’une intelligence supérieure, mesuré par un Q.I. supérieur à 120, se distinguait par l’épaisseur de son cortex.

Chez les enfants surdoués, cette couche externe du cerveau constituée de matière grise, où naissent le raisonnement et l’intuition, évolue différemment en fonction de l’âge et de l’intelligence : alors que le cortex des enfants d’intelligence normale à élevée (Q.I. entre 83 et 120) atteint son épaisseur maximale vers l’âge de 7 ans, puis s’amincit jusqu’à 19 ans, celui des surdoués est plus mince avant 7 ans mais continue de s’épaissir jusqu’à 11 ans, avant de s’affiner plus rapidement.

Or, l’épaisseur du cortex dépend non seulement du nombre de neurones et de synapses qui les relient, mais aussi de la quantité de cellules gliales (les cellules de soutien des neurones), ou encore de la présence de la gaine de myéline entourant les axones – les prolongements des neurones – et assurant la transmission de l’information. Vers 7 ans, le cortex des enfants d’intelligence standard s’amincit en éliminant des connexions inutiles entre neurones au profit de l’apprentissage : l’enfant accumule des connaissances et, pour cela, son cerveau renforce des voies de traitement de l’information (calcul, écriture, langage).

Le cerveau des surdoués : plus de place, plus de vitesse, plus de synergie

Chez les surdoués, non seulement les neurones et leurs connexions se développent encore passé l’âge de 7 ans, ce qui leur permet d’assimiler plus de connaissances que les autres enfants, mais en plus, un plus grand nombre de neurones sont enrobés de myéline, ce qui accélère le traitement de l’information. Résultat : les surdoués jouissent de capacités cognitives plus grandes et d’une analyse plus rapide.

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Les surdoués ne sont pas surdoués – L’école de la neurodiversité

Juliette SPERANZA// 19/oct/2017// ecoledelaneurodiversite.org//

Surdoué. Ils n’ont plus que ce mot là à la bouche. Je suis surdoué, il est surdoué, tout s’explique, de combien est son QI, ça lui monte à la tête, j’étais donc incompris… Engouement ou défiance, la problématique ne laisse personne indifférent. Et pour cause.

A l’instar de l’autisme, du TDAH ou des troubles dys, la meilleure connaissance de ce pan de la Neurodiversité humaine est une condition sine qua non de la révolution éthique que nous nous apprêtons à vivre. Mais précisément, pour que cette révolution éthique, qui consistera à instaurer une connaissance etun respect des particularités neurologiques de chaque individu (qu’il s’agisse de l’éducation, de la sphère privée ou du travail), il semble nécessaire d’évincer les mythes.

 

Les surdoués ne sont pas surdoués.

La liste non-exhaustive qui va suivre est tout à fait subjective. Mais elle aura, je l’espère, le mérite d’ouvrir les yeux sur l’hérésie qui consiste à appeler « surdoués » toutes les personnes dont le QI dépasse 130 (QI qui, à lui seul, ne suffit pas à poser un diagnostic de « haut potentiel »):

Les surdoués ne savent pas faire les choses de manière « mécanique », tout est sujet à réflexion, remise en cause (ce qui peut compliquer, par exemple, l’apprentissage de la conduite ou les formules mathématiques à connaître bêtement par coeur),

Les surdoués peuvent être harcelé par leur lucidité, le sentiment d’absurde, l’idée d’infini. Cela peut même paralyser leurs prises de décision,

Leurs projets peuvent être aussi endigués par une profonde mésestime de soi,

Que cela soit patent ou non, ils se sentent souvent seuls et éprouvent des difficultés à vivre pleinement l’instant,

Les surdoués redoutent la répétition, et certaines tâches quotidiennes peuvent représenter pour eux un fardeau, le mode d’apprentissage traditionnel, justement basé sur la répétition et le mode « séquentiel », les ennuie, voire les angoisse (en particulier dans leur domaine de compétence),

Les surdoués peuvent être paralysés par le manque de confiance en eux,

Les surdoués peuvent manquer profondément de motivation si une tâche n’est pas assez nouvelle, stimulante, à leurs yeux,

Les surdoués ne parviennent pas toujours à intégrer la société, aussi sont ils obligés de se construire un « faux-self », une personnalité de façade pour ressembler à une personne « normale »,          « tellement cool » !

Leur pensée en arborescence, plus rapide, mais aussi infatigable, est bien souvent inadaptée à leur cadre professionnel, mais aussi privé,

La douance s’accompagne souvent d’une hypersensibilité sensorielle et émotionnelle, ce qui peut les rendre plus réactifs au stimulis (ils seront plus facilement incommodés par un bruit, par exemple), mais aussi à leurs émotions qu’ils peuvent avoir des difficultés à gérer,

Les enfants dits surdoués sont  30 % à être en échecs scolaires et n’ont de facto pas toujours la carrière et la réussite personnelle que l’on pourrait leur prédire,

Ils souffrent souvent d’une dyssynchronie, décalage entre leur maturité intellectuelle et leur maturité affective, qui rend leurs actes difficilement interprétables,

Les surdoués ont fréquemment de grandes difficultés à supporter hiérarchie, autorité, consignes illégitimes, et éprouveront des difficultés à « garder leur langue dans leur poche « ,

Ils ont souvent de grandes difficultés à organiser leur vie, à se « ranger » : cadre professionnel, familial, affectif…

Le « surdoué » dispose d’une condition neurophysiologique particulière, qui le rendrait, à l’aune de la société actuelle, plus « inadapté » que « surdoué », malgré ses performances supérieures dans certains domaines.

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Vous êtes-vous jamais demandé si vous étiez surdoué ?

2 octobre 2017//http://theconversation.com/Valérie Pennequin

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2017, qui se tient du 7 au 15 octobre, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.

On les dit surdoués, précoces, ou encore hauts potentiels. Ces terminologies sont aujourd’hui employées indifféremment pour parler de certains enfants ou adultes aux capacités exceptionnelles. Pourtant, elles ne sont pas synonymes. Chacune renvoie à une façon spécifique de considérer ces talents à part et d’aider ceux qui les possèdent à en tirer parti.

Il peut être réconfortant, dans nos sociétés modernes valorisant l’intelligence, de se considérer comme surdoué. Dans l’esprit de la plupart de nos concitoyens, ce mot évoque des personnes « trop intelligentes pour être heureuses », pour reprendre le titre du premier best seller en France sur le sujet, écrit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. Selon cet auteur, une intelligence supérieure à la moyenne pourrait entraîner des problèmes d’adaptation scolaire, émotionnelle et sociale. Ainsi la « douance » peut constituer une explication valorisante à qui se vit en situation d’échec sur ces différents plans.

Si je me suis ennuyé à l’école, si j’ai eu de mauvais bulletins scolaires, si j’ai un penchant pour la solitude ou que je suis souvent à fleur de peau, se pourrait-il que je sois un surdoué non détecté ? Face à ce questionnement, la tentation est grande de se précipiter sur un test de quotient intellectuel (QI) disponible sur Internet. Or il mérite une réflexion bien plus approfondie, si l’on veut véritablement en retirer un bénéfice.

Le talent comme un « don »

Le terme de surdoué – le plus courant – renvoie au fait de posséder un don. Ce dernier peut être vu, selon la grille de lecture du monde propre à chacun, comme un cadeau de l’hérédité, du hasard ou encore de Dieu. L’image qui vient est celle des bonnes fées se penchant sur le berceau de l’enfant, comme dans le conte de la Belle au Bois Dormant, dotée dès la naissance de la beauté, de la grâce ou de l’esprit. Le surdouement est considéré comme un « surplus » de capacités, comparées à celles des autres. Il y a, dans cette conception, un certain déterminisme, sous entendant que l’individu n’a pas de contrôle sur le talent qu’il a reçu.

La notion de précocité, elle, renvoie à un point de vue différent, celui du développement de l’individu au cours de sa vie. Le psychologue Todd Lubart, professeur à l’université Paris Descartes, l’explique plus en détail dans l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2006. Ce terme correspond à une conception linéaire du développement des capacités intellectuelles de l’individu, de sa naissance à l’âge adulte, théorisée par le psychologue suisse Jean Piaget au milieu des années 1960.

Ainsi les précoces le seraient essentiellement dans leur scolarité, considérés comme « en avance » sur la majorité des élèves du même âge. Le système scolaire leur propose d’ailleurs parfois de « sauter » une classe. Cette conception a cependant été remise en question par les recherches plus récentes en psychologie. De nombreux travaux ont montré que le développement intellectuel subissait des accélérations importantes à certaines périodes, mais aussi des régressions à d’autres. On peut par exemple observer chez l’adulte des erreurs grossières de raisonnement logique, alors que le bébé, lui, se montre bien plus logique qu’on ne croyait, comme l’a montré le psychologue Olivier Houdé en 1995. La notion de précocité s’avère donc bien plus complexe qu’envisagé initialement.

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Surdoué : un parcours semé d’embûches

Par Thierry Léon, Rajmeela Seetamonee

Être surdoué peut être une arme à double tranchant.

Les enfants surdoués jouissent d’un système de pensée hors du commun, mais il peut les jouer des tours. Il existe bel et bien de jeunes surdoués à Maurice, mais les professionnels notent un manquement au niveau de l’encadrement.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés »

« On naît surdoué, on ne le devient pas », fait comprendre Anishta Gunesee, docteur en sciences de l’éducation & psychologie de la santé, spécialisation en développement de l’enfant et de l’adolescent. Elle explique qu’un enfant surdoué est aussi appelé un enfant précoce, intellectuellement précoce ou encore un enfant à haut potentiel (HP).

« Toutefois, les qualifier de précoces revient à dire que ces enfants seraient simplement en avance et qu’un jour, ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est pas le cas », dit-elle d’emblée. Il est scientifiquement prouvé qu’un enfant surdoué a une intelligence plus intuitive que raisonnée. Les informations sont traitées plus rapidement et redistribuées dans toutes les zones du cerveau.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés », dit-elle. Ainsi, les enfants HP ont un parcours semé d’embûches et d’incompréhension, tant sur le plan social que scolaire. Les parents et les enseignants ont un rôle crucial à jouer.

Selon notre interlocutrice, l’école et les surdoués ne font généralement pas bon ménage. Dans certains cas, les enseignants reprochent à ces enfants d’être distraits, des perturbateurs ou des bavards.

« Ils ne travaillent pas en classe et ont des résultats scolaires médiocres. Leur impatience face à un enseignement qui ne va pas assez vite et leur aversion pour l’effort et la répétition mettent les adultes non informés et non préparés à la précocité, sur une mauvaise voie », dit-elle.

Donc, pour aider ces enfants à vivre leur différence comme une richesse, il est indispensable que leur entourage les comprenne et les accompagne. L’objectif est de leur permettre de construire une identité stable et de s’épanouir, comme n’importe quel autre enfant.

On s’attend à ce que l’enfant travaille bien à l’école et à ce qu’il ait des notes excellentes. Il est inutile de le surcharger. Même s’il finit par tout enregistrer, cela ne modifie en rien son système de pensée.

En primaire, certains surdoués, qui apprennent très vite, ont tendance à ne pas travailler. D’autres s’en sortent avec de très bons résultats. « D’autre part, les enfants surdoués peuvent supporter très mal l’échec. Pour eux, un 18/20 peut être vécu comme un drame. Au collège, il semble que les jeunes surdoués parviennent à composer avec leur intelligence. Ils viennent avec les réponses, mais ils sont incapables de les expliquer et de les développer », observe-t-elle.

En général, certains HP ont des difficultés dans des domaines comme la psychomotricité, le graphisme, des troubles de l’attention et d’ordre affectif. Certains ne voient pas l’intérêt de ce que l’enseignant leur demande, ou ne décodent pas les règles de vie implicites de l’école.

« De ce fait, ils répondent à côté voire apportent des réponses beaucoup trop complexes. Ils s’ennuient et s’agitent. C’est le premier moment d’alerte », signale-t-elle.

Tests de QI

« Le QI ne détermine pas sa personnalité. Être surdoué regroupe le potentiel intellectuel et la personnalité psychoaffective »

Isabelle d’Abbadie-Di Betta : « Absence d’une réelle volonté politique »

« Il est préférable de remplacer le terme par doué, haut potentiel intellectuel et émotionnel ou “gifted”. Les enfants doués, surtout très jeunes, nécessitent beaucoup d’attention, donc de temps et de disponibilité. Ces besoins sont toutefois incompatibles avec des classes surchargées ainsi que les ambitions économiques de bon nombre d’établissements et du système »

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Adultes surdoués : trouvez l’oxygène dans votre couple

Lapepeche.fr//20/09/2017

Un cerveau qui ne cesse d’interpréter, d’analyser, de réfléchir, des émotions oscillantes difficiles à anticiper et une hypersensibilité pas toujours facile à gérer dans la vie de tous les jours. Le profil des adultes à haut potentiel intellectuel est sans aucun doute complexe. Mais comment cette personnalité impacte-t-elle les relations amoureuses ?

Chez les adultes à haut potentiel intellectuel, communément appelés surdoués, les émotions vivent « dans un volcan rempli de magma », selon les termes du Dr Valérie Foussier, médecin endocrinologue et auteur de l’ouvrage « Adultes surdoués, cadeau ou fardeau ».

Un « personnage de tous les extrêmes »

Ces émotions explosives et brûlantes viennent nourrir l’amour, autant qu’elles peuvent le fragiliser. Ainsi, les relations de couple sont souvent intenses lorsque l’un des deux conjoints est surdoué : l’adulte à haut potentiel intellectuel est un « personnage de tous les extrêmes », confirme le Dr Foussier. Présentant « une forte empathie, une dépendance affective, une angoisse d’abandon intense, de fortes sensations de peurs irrationnelles et un important besoin d’une relation stable et solide », l’amoureux est souvent moteur dans l’écoute, la tendresse et dans l’entretien du lien exclusif. Mais aussi générateur de conflits de grande ampleur.

« Son arborescence de pensées est par ailleurs responsable de changements brutaux d’humeur ». Ainsi, il peut « passer en un instant du rire aux larmes, de l’extase absolue à la détresse la plus profonde telle une décharge électrique ». Des phénomènes d’autant plus forts lorsque l’incompréhension et la dispute amoureuse sont au programme.

Prendre sur soi et exploser

Selon le Dr Foussier, en cas de crise de couple notamment, l’adulte à haut potentiel intellectuel « tente de mettre à distance toutes les émotions qui assaillent au quotidien ». Dans un premier temps, la personne « essaie de se canaliser, de minimiser, de refouler. Elle tente en permanence de faire baisser l’éruption, malgré les larmes qui montent et la colère qui envahit ». Puis la réaction finit par tout emporter à l’image « d’un tsunami dévastateur. Cette crise de l’extrême a pour objectif d’évacuer le surplus ».

Mais quel comportement adopter alors pour éviter les explosions inutiles, et aller au-delà du fait que pour l’adulte concerné, « 1 seconde de déception = 1 mois de mal-être » ? « Attendre sans rien dire ou énoncer des choses très neutres, parler d’autres choses. Surtout ne pas intervenir sur l’origine de la charge émotionnelle pour ne pas donner prise à ce volcan. » En quelques mots, « apprivoisez vos émotions, isolez-vous, développez votre créativité », pour tout simplement occuper votre esprit à autre chose que ce qui vous pèse. L’idée est « d’arrêter aussi le ping-pong des émotions et d’accepter la place de la souffrance qui peut être salvatrice dans certaines situations ».

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Un cerveau jamais en pause

Leonardo Gomez Mariaca//19.09.2017//Laliberté.ch

Avoir un quotient intellectuel hors norme, qu’est-ce que ça signifie en vérité?

Santé :   «Je pense différemment», affirme Chloé Gaudiano, 16 ans. «A l’école, le professeur nous donnait une méthode pour résoudre un problème en math, mais moi j’en utilisais une autre, que j’avais trouvée toute seule, pour arriver au même résultat.»

Ils sont entre 3% et 4% de la population mondiale, souvent considérés comme des génies, on les appelle communément les surdoués. «On dit plutôt HPI, pour haut potentiel intellectuel», précise Emmanuel Koehler, directeur adjoint de l’école spécialisée en haut potentiel Germaine de Staël, à Aubonne (VD). «Le haut potentiel peut se détecter à partir de 6 ans, grâce au test dit de Wisc 5, qui définit le QI (quotient intellectuel) par une échelle de points. C’est un psychiatre qui établit le test», continue Emmanuel Koehler. «Il faut savoir que le QI ne change que très peu au cours d’une vie. On ne devient pas HPI, on l’est ou on ne l’est pas.»

Des génies? Faux!

Etre HPI signifie avoir un QI de plus de 130 points, la moyenne se situant autour de 100. «Toutefois, ajoute Emmanuel Koehler, c’est aussi un état d’esprit. Quelqu’un de HPI est souvent plus émotif, et se pose sans arrêt des questions, sans pouvoir mettre son cerveau sur pause.» Le haut potentiel s’accompagne de troubles de la concentration, parfois d’hyperactivité et même d’autisme.

«On croit souvent que l’on est des génies, mais c’est faux», affirme Samantha da Costa, 19 ans. «Si un sujet ne m’intéresse pas, j’ai tendance à le zapper, sans pouvoir y faire grand-chose.» Un sentiment que rejoint Chloé: «Si je ne comprends pas à quoi va me servir telle matière, je vais complètement la délaisser, alors que si j’en comprends les aboutissants, je vais tout retenir, sans que j’aie d’effort à fournir.»

Le haut potentiel est parfois perçu comme un superpouvoir, tant les facilités qu’il apporte peuvent impressionner: «J’ai une mémoire incroyable, admet Chloé. Il suffit que j’entende un numéro de téléphone pour le connaître, et si j’écoute bien en classe, je suis capable de réciter pratiquement tout le cours.»

Toutefois, celui-ci est souvent un frein à la vie sociale, comme le confirme Samantha da Costa: «Le monde m’ennuie. J’ai du mal à m’intégrer auprès des jeunes de mon âge. Au CO, j’étais moquée, considérée comme «intello». Au final, je m’entends mieux avec des gens plus vieux.»

Nombre de HPI sont confrontés à ces problèmes d’isolement social, et finissent par entrer dans un genre de rébellion. «Au bout d’un moment, poursuit Samantha da Costa, j’en ai eu marre et j’ai envoyé bouler tout le monde. Ça m’a rendue solitaire, et ça m’a forgé un sacré caractère, mais je l’assume.»

Etre HPI n’est cependant ni une chance, ni une malédiction: «Ce n’est pas une maladie, rappelle Emmanuel Koehler, c’est une manière de fonctionner. Ne jamais oublier qu’ADN ne rime pas forcément avec destin.»

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