Vous êtes-vous jamais demandé si vous étiez surdoué ?

2 octobre 2017//http://theconversation.com/Valérie Pennequin

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2017, qui se tient du 7 au 15 octobre, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.

On les dit surdoués, précoces, ou encore hauts potentiels. Ces terminologies sont aujourd’hui employées indifféremment pour parler de certains enfants ou adultes aux capacités exceptionnelles. Pourtant, elles ne sont pas synonymes. Chacune renvoie à une façon spécifique de considérer ces talents à part et d’aider ceux qui les possèdent à en tirer parti.

Il peut être réconfortant, dans nos sociétés modernes valorisant l’intelligence, de se considérer comme surdoué. Dans l’esprit de la plupart de nos concitoyens, ce mot évoque des personnes « trop intelligentes pour être heureuses », pour reprendre le titre du premier best seller en France sur le sujet, écrit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. Selon cet auteur, une intelligence supérieure à la moyenne pourrait entraîner des problèmes d’adaptation scolaire, émotionnelle et sociale. Ainsi la « douance » peut constituer une explication valorisante à qui se vit en situation d’échec sur ces différents plans.

Si je me suis ennuyé à l’école, si j’ai eu de mauvais bulletins scolaires, si j’ai un penchant pour la solitude ou que je suis souvent à fleur de peau, se pourrait-il que je sois un surdoué non détecté ? Face à ce questionnement, la tentation est grande de se précipiter sur un test de quotient intellectuel (QI) disponible sur Internet. Or il mérite une réflexion bien plus approfondie, si l’on veut véritablement en retirer un bénéfice.

Le talent comme un « don »

Le terme de surdoué – le plus courant – renvoie au fait de posséder un don. Ce dernier peut être vu, selon la grille de lecture du monde propre à chacun, comme un cadeau de l’hérédité, du hasard ou encore de Dieu. L’image qui vient est celle des bonnes fées se penchant sur le berceau de l’enfant, comme dans le conte de la Belle au Bois Dormant, dotée dès la naissance de la beauté, de la grâce ou de l’esprit. Le surdouement est considéré comme un « surplus » de capacités, comparées à celles des autres. Il y a, dans cette conception, un certain déterminisme, sous entendant que l’individu n’a pas de contrôle sur le talent qu’il a reçu.

La notion de précocité, elle, renvoie à un point de vue différent, celui du développement de l’individu au cours de sa vie. Le psychologue Todd Lubart, professeur à l’université Paris Descartes, l’explique plus en détail dans l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2006. Ce terme correspond à une conception linéaire du développement des capacités intellectuelles de l’individu, de sa naissance à l’âge adulte, théorisée par le psychologue suisse Jean Piaget au milieu des années 1960.

Ainsi les précoces le seraient essentiellement dans leur scolarité, considérés comme « en avance » sur la majorité des élèves du même âge. Le système scolaire leur propose d’ailleurs parfois de « sauter » une classe. Cette conception a cependant été remise en question par les recherches plus récentes en psychologie. De nombreux travaux ont montré que le développement intellectuel subissait des accélérations importantes à certaines périodes, mais aussi des régressions à d’autres. On peut par exemple observer chez l’adulte des erreurs grossières de raisonnement logique, alors que le bébé, lui, se montre bien plus logique qu’on ne croyait, comme l’a montré le psychologue Olivier Houdé en 1995. La notion de précocité s’avère donc bien plus complexe qu’envisagé initialement.

La suite de l’article

Publicités

Surdoué : un parcours semé d’embûches

Par Thierry Léon, Rajmeela Seetamonee

Être surdoué peut être une arme à double tranchant.

Les enfants surdoués jouissent d’un système de pensée hors du commun, mais il peut les jouer des tours. Il existe bel et bien de jeunes surdoués à Maurice, mais les professionnels notent un manquement au niveau de l’encadrement.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés »

« On naît surdoué, on ne le devient pas », fait comprendre Anishta Gunesee, docteur en sciences de l’éducation & psychologie de la santé, spécialisation en développement de l’enfant et de l’adolescent. Elle explique qu’un enfant surdoué est aussi appelé un enfant précoce, intellectuellement précoce ou encore un enfant à haut potentiel (HP).

« Toutefois, les qualifier de précoces revient à dire que ces enfants seraient simplement en avance et qu’un jour, ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est pas le cas », dit-elle d’emblée. Il est scientifiquement prouvé qu’un enfant surdoué a une intelligence plus intuitive que raisonnée. Les informations sont traitées plus rapidement et redistribuées dans toutes les zones du cerveau.

« Être un enfant HP est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance ou un don. Cependant, c’est encore très mal connu à Maurice. Les comportements liés à la précocité sont parfois mal interprétés », dit-elle. Ainsi, les enfants HP ont un parcours semé d’embûches et d’incompréhension, tant sur le plan social que scolaire. Les parents et les enseignants ont un rôle crucial à jouer.

Selon notre interlocutrice, l’école et les surdoués ne font généralement pas bon ménage. Dans certains cas, les enseignants reprochent à ces enfants d’être distraits, des perturbateurs ou des bavards.

« Ils ne travaillent pas en classe et ont des résultats scolaires médiocres. Leur impatience face à un enseignement qui ne va pas assez vite et leur aversion pour l’effort et la répétition mettent les adultes non informés et non préparés à la précocité, sur une mauvaise voie », dit-elle.

Donc, pour aider ces enfants à vivre leur différence comme une richesse, il est indispensable que leur entourage les comprenne et les accompagne. L’objectif est de leur permettre de construire une identité stable et de s’épanouir, comme n’importe quel autre enfant.

On s’attend à ce que l’enfant travaille bien à l’école et à ce qu’il ait des notes excellentes. Il est inutile de le surcharger. Même s’il finit par tout enregistrer, cela ne modifie en rien son système de pensée.

En primaire, certains surdoués, qui apprennent très vite, ont tendance à ne pas travailler. D’autres s’en sortent avec de très bons résultats. « D’autre part, les enfants surdoués peuvent supporter très mal l’échec. Pour eux, un 18/20 peut être vécu comme un drame. Au collège, il semble que les jeunes surdoués parviennent à composer avec leur intelligence. Ils viennent avec les réponses, mais ils sont incapables de les expliquer et de les développer », observe-t-elle.

En général, certains HP ont des difficultés dans des domaines comme la psychomotricité, le graphisme, des troubles de l’attention et d’ordre affectif. Certains ne voient pas l’intérêt de ce que l’enseignant leur demande, ou ne décodent pas les règles de vie implicites de l’école.

« De ce fait, ils répondent à côté voire apportent des réponses beaucoup trop complexes. Ils s’ennuient et s’agitent. C’est le premier moment d’alerte », signale-t-elle.

Tests de QI

« Le QI ne détermine pas sa personnalité. Être surdoué regroupe le potentiel intellectuel et la personnalité psychoaffective »

Isabelle d’Abbadie-Di Betta : « Absence d’une réelle volonté politique »

« Il est préférable de remplacer le terme par doué, haut potentiel intellectuel et émotionnel ou “gifted”. Les enfants doués, surtout très jeunes, nécessitent beaucoup d’attention, donc de temps et de disponibilité. Ces besoins sont toutefois incompatibles avec des classes surchargées ainsi que les ambitions économiques de bon nombre d’établissements et du système »

L’article ici

 

Adultes surdoués : trouvez l’oxygène dans votre couple

Lapepeche.fr//20/09/2017

Un cerveau qui ne cesse d’interpréter, d’analyser, de réfléchir, des émotions oscillantes difficiles à anticiper et une hypersensibilité pas toujours facile à gérer dans la vie de tous les jours. Le profil des adultes à haut potentiel intellectuel est sans aucun doute complexe. Mais comment cette personnalité impacte-t-elle les relations amoureuses ?

Chez les adultes à haut potentiel intellectuel, communément appelés surdoués, les émotions vivent « dans un volcan rempli de magma », selon les termes du Dr Valérie Foussier, médecin endocrinologue et auteur de l’ouvrage « Adultes surdoués, cadeau ou fardeau ».

Un « personnage de tous les extrêmes »

Ces émotions explosives et brûlantes viennent nourrir l’amour, autant qu’elles peuvent le fragiliser. Ainsi, les relations de couple sont souvent intenses lorsque l’un des deux conjoints est surdoué : l’adulte à haut potentiel intellectuel est un « personnage de tous les extrêmes », confirme le Dr Foussier. Présentant « une forte empathie, une dépendance affective, une angoisse d’abandon intense, de fortes sensations de peurs irrationnelles et un important besoin d’une relation stable et solide », l’amoureux est souvent moteur dans l’écoute, la tendresse et dans l’entretien du lien exclusif. Mais aussi générateur de conflits de grande ampleur.

« Son arborescence de pensées est par ailleurs responsable de changements brutaux d’humeur ». Ainsi, il peut « passer en un instant du rire aux larmes, de l’extase absolue à la détresse la plus profonde telle une décharge électrique ». Des phénomènes d’autant plus forts lorsque l’incompréhension et la dispute amoureuse sont au programme.

Prendre sur soi et exploser

Selon le Dr Foussier, en cas de crise de couple notamment, l’adulte à haut potentiel intellectuel « tente de mettre à distance toutes les émotions qui assaillent au quotidien ». Dans un premier temps, la personne « essaie de se canaliser, de minimiser, de refouler. Elle tente en permanence de faire baisser l’éruption, malgré les larmes qui montent et la colère qui envahit ». Puis la réaction finit par tout emporter à l’image « d’un tsunami dévastateur. Cette crise de l’extrême a pour objectif d’évacuer le surplus ».

Mais quel comportement adopter alors pour éviter les explosions inutiles, et aller au-delà du fait que pour l’adulte concerné, « 1 seconde de déception = 1 mois de mal-être » ? « Attendre sans rien dire ou énoncer des choses très neutres, parler d’autres choses. Surtout ne pas intervenir sur l’origine de la charge émotionnelle pour ne pas donner prise à ce volcan. » En quelques mots, « apprivoisez vos émotions, isolez-vous, développez votre créativité », pour tout simplement occuper votre esprit à autre chose que ce qui vous pèse. L’idée est « d’arrêter aussi le ping-pong des émotions et d’accepter la place de la souffrance qui peut être salvatrice dans certaines situations ».

L’article

Un cerveau jamais en pause

Leonardo Gomez Mariaca//19.09.2017//Laliberté.ch

Avoir un quotient intellectuel hors norme, qu’est-ce que ça signifie en vérité?

Santé :   «Je pense différemment», affirme Chloé Gaudiano, 16 ans. «A l’école, le professeur nous donnait une méthode pour résoudre un problème en math, mais moi j’en utilisais une autre, que j’avais trouvée toute seule, pour arriver au même résultat.»

Ils sont entre 3% et 4% de la population mondiale, souvent considérés comme des génies, on les appelle communément les surdoués. «On dit plutôt HPI, pour haut potentiel intellectuel», précise Emmanuel Koehler, directeur adjoint de l’école spécialisée en haut potentiel Germaine de Staël, à Aubonne (VD). «Le haut potentiel peut se détecter à partir de 6 ans, grâce au test dit de Wisc 5, qui définit le QI (quotient intellectuel) par une échelle de points. C’est un psychiatre qui établit le test», continue Emmanuel Koehler. «Il faut savoir que le QI ne change que très peu au cours d’une vie. On ne devient pas HPI, on l’est ou on ne l’est pas.»

Des génies? Faux!

Etre HPI signifie avoir un QI de plus de 130 points, la moyenne se situant autour de 100. «Toutefois, ajoute Emmanuel Koehler, c’est aussi un état d’esprit. Quelqu’un de HPI est souvent plus émotif, et se pose sans arrêt des questions, sans pouvoir mettre son cerveau sur pause.» Le haut potentiel s’accompagne de troubles de la concentration, parfois d’hyperactivité et même d’autisme.

«On croit souvent que l’on est des génies, mais c’est faux», affirme Samantha da Costa, 19 ans. «Si un sujet ne m’intéresse pas, j’ai tendance à le zapper, sans pouvoir y faire grand-chose.» Un sentiment que rejoint Chloé: «Si je ne comprends pas à quoi va me servir telle matière, je vais complètement la délaisser, alors que si j’en comprends les aboutissants, je vais tout retenir, sans que j’aie d’effort à fournir.»

Le haut potentiel est parfois perçu comme un superpouvoir, tant les facilités qu’il apporte peuvent impressionner: «J’ai une mémoire incroyable, admet Chloé. Il suffit que j’entende un numéro de téléphone pour le connaître, et si j’écoute bien en classe, je suis capable de réciter pratiquement tout le cours.»

Toutefois, celui-ci est souvent un frein à la vie sociale, comme le confirme Samantha da Costa: «Le monde m’ennuie. J’ai du mal à m’intégrer auprès des jeunes de mon âge. Au CO, j’étais moquée, considérée comme «intello». Au final, je m’entends mieux avec des gens plus vieux.»

Nombre de HPI sont confrontés à ces problèmes d’isolement social, et finissent par entrer dans un genre de rébellion. «Au bout d’un moment, poursuit Samantha da Costa, j’en ai eu marre et j’ai envoyé bouler tout le monde. Ça m’a rendue solitaire, et ça m’a forgé un sacré caractère, mais je l’assume.»

Etre HPI n’est cependant ni une chance, ni une malédiction: «Ce n’est pas une maladie, rappelle Emmanuel Koehler, c’est une manière de fonctionner. Ne jamais oublier qu’ADN ne rime pas forcément avec destin.»

L’article

Les enfants doués et le goût du défi

Arielle Adda Psychologue// 15/09/17//le journal des femmes

Pour les ménager, on songe moins souvent à proposer aux enfants doués des défis. Le dépassement des limites est pourtant une clé contre l’ennui et la perte d’estime de soi.

Il constitue une caractéristique propre aux êtres humains depuis le début.  En son absence, on préfère rester dans son petit territoire, on ne prend pas de risques, on hésite à  s’enfoncer dans une jungle hostile, à partir sur une mer inconnue, à parcourir un désert brûlant ou glacé.

On n’affronte pas non plus des bêtes féroces avec des armes dérisoires qui demandent du  temps pour devenir plus efficaces. On ne se livre pas à des essais juste « pour voir », on n’approfondit pas ses connaissances avec le danger de déranger un ordre établi.

Il y aura toujours dans tous les pays et toutes les civilisations des audacieux qui auront besoin de dépasser une routine rassurante.

Sans doute était-ce les plus doués qui bravaient des dangers inconnus, quitte à se mettre gravement en péril. Quelle plus belle réalisation d’un rêve que celle de remonter un fleuve jusqu’à sa source puisque personne n’a encore pu y parvenir, ou de découvrir une citée oubliée parce que quelques indices à peine décelables suggéraient son existence ? Cette ambition vaut bien quelques sacrifices, y compris, parfois, celui de sa vie.

Le propre des personnes douées est de ne jamais rien considérer comme acquis et de ne jamais s’arrêter en chemin : toujours plus loin, toujours plus haut, plus avant, plus difficile, plus complexe quand il s’agit de recherche.

Le meilleur exemple est donné par les sportifs de compétition : ils ne cessent de chercher à améliorer leurs performances.  Il ne leur viendrait pas à l’esprit de s’en  tenir à un score considéré comme satisfaisant et qui sera certainement dépassé par les sportifs à venir. Une démission de cet ordre équivaudrait à un renoncement à toute ambition, à un sabotage même.

Dans le quotidien des enfants doués, les occasions de se dépasser sont rares, pour ne pas dire inexistantes, c’est pourquoi ils dépérissent doucement.

Tout être humain a besoin de défis à relever pour se construire de lui une image qui lui convienne, simplement les défis convenant aux enfants doués sont moins courants : on ne songe pas à leur proposer un enjeu trop complexe, pour les ménager, dit-on avec une absence totale de compréhension de leur nature propre.  On prétend qu’on ne veut pas les mettre en échec afin qu’ils conservent une bonne « estime de soi ».

Le seul combat à mener serait alors  celui, quotidien, contre leur ennui. Ils risquent  d’en conclure qu’on ne les croit pas capables de réussir des tâches plus complexes et finalement leur « estime de soi » s’abaisse considérablement.

L’image qu’ils sont en train de se construire d’eux-mêmes s’étiole et se dilue. Les réussites qui leur valent des félicitations  leur paraissent dérisoires : une si petite victoire n’a aucune valeur, elle est même décevante puisqu’elle n’a exigé aucun effort

La suite de l’article

 

Adulte surdoué : comment s’épanouir au travail ?

LADEPECHE.fr//13/09/2017

Faire partie des 2,2% de la population dite « à haut potentiel », ce n’est pas seulement avoir un QI supérieur à 130. La surefficience intellectuelle s’accompagne de différents traits de personnalité pouvant se révéler être des forces, mais aussi des faiblesses, notamment dans la vie professionnelle.

Même si l’on comprend et accompagne de mieux en mieux la surefficience intellectuelle, elle véhicule encore beaucoup d’idées préconçues, notamment quand elle concerne les adultes. Comme le souligne la psychologue et psychanalyste Monique de Kermadec dans L’adulte surdoué : Apprendre à faire simple quand c’est compliqué, ces derniers ont toujours été « l’objet de fantasmes, d’idées reçues et d’hostilité qui rendent encore plus difficile leur insertion ».

On pourrait notamment penser qu’ils réussissent forcément dans leur vie professionnelle. Or « l’adulte surdoué est aussi hypersensible, hyperémotif, hyperréactif au monde », sans oublier son énergie débordante parfois difficile à canaliser et son indépendance d’esprit. Autant de caractéristiques « pouvant le vulnérabiliser, fragiliser son potentiel et en faire quelqu’un d’inadapté à un milieu hautement compétitif ».

Reconnaître et valoriser la différence

Première étape pour éviter cet écueil, trouver sa voie professionnelle et s’y épanouir ? Prendre conscience de sa différence. Pour ne pas être un fardeau, le haut potentiel doit dans un premier temps être validé par un test puis pleinement accepté par la personne qui en a hérité. Il lui est alors plus facile de vivre avec. L’accompagnement par un thérapeute est souvent utile, à condition que ce dernier maîtrise le sujet.

L’adulte surdoué s’épanouira évidemment plus facilement dans une profession à même d’abreuver sa soif perpétuelle de connaissances, de stimuler son intelligence, de laisser s’épanouir sa créativité. « Il se sentira souvent plus à l’aise aux commandes de sa propre entreprise ou dans une petite structure que dans des grosses sociétés très hiérarchisées ou dans la fonction publique », souligne Monique de Kermadec.

Pour aller plus loin, entrer en contact avec d’autres adultes surdoués, trouver des coordonnées de thérapeutes, vous pouvez vous rapprocher des associations MENSA France et de l’ANPEIP.

L’article

Enfants précoces: Comment les enseignants en primaire peuvent les aider?

20minutes.fr//Oihana Gabriel//13/09/17
  • Le film «Mary» raconte le destin particulier d’une petite fille de 7 ans surdouée en mathématiques et le combat de son oncle pour lui offrir une enfance normale.
  • L’occasion de se pencher sur les spécificités de ces enfants précoces qui sont parfois en échec scolaire.
  • Comment accompagner au mieux ces enfants? 20 Minutes a demandé leurs conseils à trois spécialistes, mère, enseignante et formatrice.

On les appelle les enfants zèbres, précoces, enfants à Haut Potentiel (HP), surdoués… Certains d’entre eux vont peut-être se retrouver dans le portrait de Mary. Le film Mary sort sur grand écran ce mercredi et suit les pas d’une fille de sept ans surdouée accompagnée par une institutrice très investie. L’occasion de s’intéresser aux divers challenges que les enseignants en primaire doivent relever pour aider ces enfants précoces.

Beaucoup d’échec scolaire chez les précoces

« Contrairement à ce qu’on pense, les enfants surdoués ne sont pas toujours scolaires !, assure Alexandra Reynaud, auteur du blog et livre Les Tribulations d’un petit zèbre. D’ailleurs, deux tiers des enfants précoces traversent des difficultés à l’école pouvant aller jusqu’à l’échec scolaire. « Beaucoup subissent l’école et ressentent une grande souffrance, assure  Doris Perrodin, spécialiste de l’éducation des enfants à haut potentiel. La petite Mary, elle a du répondant. Mais beaucoup de filles précoces se replient sur elles-mêmes, lissent leurs capacités. » Comment éviter cette situation ?

Détecter l’enfant précoce

Dans Mary, c’est l’institutrice qui prévient que cette petite fille n’a rien à faire dans une classe de CP. « Dans la réalité aussi, c’est souvent les enseignants qui alertent les parents qui ne se sont pas rendus compte que l’enfant est surdoué », précise Alexandra, mère d’un enfant précoce. « Parfois même, les parents taisent volontairement cette particularité, complète Elsa Autain-Pléros, enseignante et auteure Je suis précoce, mes profs vont bien.

A condition que l’enseignant soit assez vigilant aux signes. « Malheureusement, certains enseignants ont une image qui ne correspond pas à la réalité, regrette Alexandra Reynaud. Ils attendent un génie absolu… » Et les familles se heurtent parfois aussi au déni. « Il arrive que les enseignants refusent de reconnaître que l’enfant, surtout quand c’est une fille, est vraiment surdouée, souligne Doris Perrodin. Ils vont dire qu’elle est poussée par ses parents. »

La bonne attitude reste un savant équilibre. « Ni le mettre sur un piédestal, ni nier sa différence, résume Alexandra Reynaud. Même les plus petits expriment ce sentiment de décalage par rapport aux copains. Si on lui refuse cette différence, cela peut entraîner une inhibition intellectuelle. Aujourd’hui, chaque académie doit avoir un référent pour ces enfants zèbres et l’école doit faciliter la détection de ces enfants. « Malheureusement l’aménagement privilégié, c’est le saut de classe », nuance-t-elle.

La suite de l’article