Finistère. Surdoués : « Mieux comprendre pour mieux aider »

Philippe GUEGAN //ouestfrance/02/02/2018

Une conférence sur le haut potentiel chez les enfants est organisée à La Forêt-Fouesnant (Finistère), samedi 3 février. La psychologue, Jeanne Siaud-Facchin, apporte un éclairage dans leur compréhension.

La psychologue Jeanne Siaud-Facchin parlera, ce samedi 3 février, des enfants à haut potentiel lors d’une conférence à La Forêt-Fouesnant (Finistère), intitulée « Le haut potentiel chez les enfants : comment transformer cette atypie en atout, dans la famille, à l’école et dans la vie ». Entretien avec cette spécialiste.

Quel est l’objet de la conférence ?

L’info que je vais faire passer est : Quelle incidence peut avoir un enfant surdoué dans le cadre familial ? Mais aussi : Qui sont vraiment ces enfants, en quoi leurs particularités peuvent avoir des échos dans leurs relations aux autres ? Comment peut-on mieux les comprendre pour mieux les aider, qu’on soit à une place de parent ou d’enseignant ? Les comprendre intimement pour pouvoir bien ajuster l’aide qu’on va mettre en place, quel que soit le lieu. La clé est la bienveillance, afin de s’ajuster aux besoins de son enfant.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les surdoués ?

La première chose, c’est que tous les enfants surdoués n’ont pas tous des difficultés. Il existe des enfants surdoués bien dans leurs peaux, bien dans leurs têtes, bien dans leurs corps. Ils ne rencontreront pas du tout d’obstacle dans leurs parcours. Ils ont beaucoup d’atouts dans leurs jeux et sauront les utiliser. Être surdoué n’est ni une maladie, ni un handicap. C’est une particularité, avec des singularités qu’il faut bien comprendre pour avoir une réponse adaptée.

Quand elles se présentent, quelles sont ces difficultés ?

La plus générique est le décalage associé au sentiment de différence. Ils ont la sensation de ne pas être toujours raccord avec les autres, ils ont l’impression qu’il y a un écran de verre entre eux et leur environnement. Ils ont le sentiment d’être présents avec les autres, sans se sentir vraiment en lien. Ce sont des enfants qui vivent avec des valeurs non négociables, qui sont extrêmement sensibles à l’injustice ou à la confiance et l’amitié. La moindre chose qui va venir ternir ce sentiment de valeur très fort va considérablement perturber leur ajustement social. Ils vibrent au moindre murmure du monde.

Comment détermine-t-on le haut potentiel ?

Il y a un critère de base international qui correspond à un score sur des échelles d’intelligence validées (le WISC-V est composé de 10 subtests ou 10 domaines de l’intelligence sont explorés). Ce score doit être égal ou supérieur à 130 avec un plafond à 160. Cela correspond à deux écarts types, par rapport à un score moyen de QI établi à 100. Mais il faut aussi tenir compte du « tableau clinique », ou des raisons psychologiques, des troubles associés (dyslexie, dyspraxie, troubles de l’attention) ne permettant pas à l’enfant d’exprimer pleinement son intelligence.

L’Éducation nationale tient-elle compte de cette différence ?

Il existe des textes officiels où il est clairement stipulé que les Enfants intellectuellement précoces (EIP), doivent bénéficier d’aménagements pédagogiques. Il y a obligatoirement un référent pédagogique dédié à ces enfants dans toutes les académies. Ces élèves doivent être signalés par les enseignants alertés soit par des critères positifs ou négatifs. Mais c’est bien de l’initiative des parents de les faire évaluer par des psychologues.

L’article

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s