Surdouée, moi ?

1 décembre 2017//Claire-Marie Germain// FéminiBio

Au-delà de 135 de QI, on entre dans un autre monde, celui des gens avec une petite étincelle en plus. Nous les avons rencontrés pour comprendre leurs interrogations et leur parcours de vie dans une société qui ne reconnaît que trop peu leur différence.

Je suis une cancre. C’est ainsi que Lisa se présente, le sourire aux lèvres. J’ai toujours été nulle en cours, je trichais pour me maintenir à niveau. » Cinquante ans plus tard, cette ancienne dyslexique semble apaisée, mais son combat contre le système scolaire a laissé des traces.
« J’étais enthousiaste, pleine d’énergie et j’avais envie d’apprendre. On ne m’a pas du tout accompagnée, ça a sapé ma confiance en moi. » Lisa n’a jamais passé son bac et a longtemps été hantée par ses échecs académiques. « Dans mes rêves, je revivais mon exclusion de l’école, en troisième. »

D’un geste, elle avale quelques gouttes de café et tend son visage au soleil. La vie aurait pu moins bien tourner pour cette cinquantenaire, maman de deux garçons et propriétaire d’une maison en banlieue parisienne. Mais elle s’est battue pour s’en sortir. « Je savais qu’il y avait quelque chose en moi, même si je faisais des fautes d’orthographe, même si les professeurs ne me comprenaient pas. »

L’intuition de Lisa ne l’a pas trompée. Entrée par la petite porte dans le milieu du journalisme scientifique, elle s’intéresse aux troubles de l’apprentissage et découvre qu’elle est surdouée. « J’assistais à un colloque sur les enfants à haut potentiel. Je me suis mise à pleurer. C’était mon histoire. »

Un manque de confiance en soi

De nombreux adultes surdoués étaient considérés par leurs professeurs comme de mauvais élèves. Leurs difficultés d’apprentissage ont fini par détruire leur confiance en eux. « Ils avaient une réflexion originale et complexe, mais qui ne respectait pas les cadres donnés par l’école. Alors on leur a dit qu’ils étaient nuls. Et ils l’ont cru », soupire Monique de Kermadec, psychologue spécialisée dans la douance. D’autres étaient premiers de la classe, favoris du professeur. Mais ils n’avaient aucun ami. « Les surdoués qui s’ignorent n’arrivent pas à comprendre que l’autre ne réfléchit pas comme eux. Ils peuvent se montrer impatients et agacer par leur tendance à avoir toujours raison. »

Ce décalage se poursuit jusqu’à l’âge adulte, où certaines personnes à haut potentiel ont du mal à s’intégrer dans le monde du travail. « Difficile d’accepter ce collègue qui a réponse à tout et dont la créativité renvoie chacun à ses propres limites intellectuelles », poursuit la psychologue. Isolés, les surdoués remettent en question leur différence dont ils ignorent qu’elle peut être une force.

Dans son cabinet parisien, Monique de Kermadec reçoit les adultes qui s’interrogent sur leur douance. Un premier pas parfois compliqué, car il nécessite une certaine dose de confiance en soi. Beaucoup se doutent que l’origine de leurs problèmes est leur intelligence hors du commun. « Mais pour un dernier de la classe, le seul fait de se poser la question du ‘surdouement’ est une aberration. Les surdoués s’autocensurent presque automatiquement, par peur de passer pour prétentieux. Certains me racontent qu’ils n’osent pas acheter mes ouvrages sur le sujet car le regard de la caissière les mettrait mal à l’aise ! »

Le « surdouement » ne peut être réduit à un nombre

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