Les enfants doués et le goût du défi

Arielle Adda Psychologue// 15/09/17//le journal des femmes

Pour les ménager, on songe moins souvent à proposer aux enfants doués des défis. Le dépassement des limites est pourtant une clé contre l’ennui et la perte d’estime de soi.

Il constitue une caractéristique propre aux êtres humains depuis le début.  En son absence, on préfère rester dans son petit territoire, on ne prend pas de risques, on hésite à  s’enfoncer dans une jungle hostile, à partir sur une mer inconnue, à parcourir un désert brûlant ou glacé.

On n’affronte pas non plus des bêtes féroces avec des armes dérisoires qui demandent du  temps pour devenir plus efficaces. On ne se livre pas à des essais juste « pour voir », on n’approfondit pas ses connaissances avec le danger de déranger un ordre établi.

Il y aura toujours dans tous les pays et toutes les civilisations des audacieux qui auront besoin de dépasser une routine rassurante.

Sans doute était-ce les plus doués qui bravaient des dangers inconnus, quitte à se mettre gravement en péril. Quelle plus belle réalisation d’un rêve que celle de remonter un fleuve jusqu’à sa source puisque personne n’a encore pu y parvenir, ou de découvrir une citée oubliée parce que quelques indices à peine décelables suggéraient son existence ? Cette ambition vaut bien quelques sacrifices, y compris, parfois, celui de sa vie.

Le propre des personnes douées est de ne jamais rien considérer comme acquis et de ne jamais s’arrêter en chemin : toujours plus loin, toujours plus haut, plus avant, plus difficile, plus complexe quand il s’agit de recherche.

Le meilleur exemple est donné par les sportifs de compétition : ils ne cessent de chercher à améliorer leurs performances.  Il ne leur viendrait pas à l’esprit de s’en  tenir à un score considéré comme satisfaisant et qui sera certainement dépassé par les sportifs à venir. Une démission de cet ordre équivaudrait à un renoncement à toute ambition, à un sabotage même.

Dans le quotidien des enfants doués, les occasions de se dépasser sont rares, pour ne pas dire inexistantes, c’est pourquoi ils dépérissent doucement.

Tout être humain a besoin de défis à relever pour se construire de lui une image qui lui convienne, simplement les défis convenant aux enfants doués sont moins courants : on ne songe pas à leur proposer un enjeu trop complexe, pour les ménager, dit-on avec une absence totale de compréhension de leur nature propre.  On prétend qu’on ne veut pas les mettre en échec afin qu’ils conservent une bonne « estime de soi ».

Le seul combat à mener serait alors  celui, quotidien, contre leur ennui. Ils risquent  d’en conclure qu’on ne les croit pas capables de réussir des tâches plus complexes et finalement leur « estime de soi » s’abaisse considérablement.

L’image qu’ils sont en train de se construire d’eux-mêmes s’étiole et se dilue. Les réussites qui leur valent des félicitations  leur paraissent dérisoires : une si petite victoire n’a aucune valeur, elle est même décevante puisqu’elle n’a exigé aucun effort

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