La douance, un concept encore méconnu au Québec

DOUANCE. Aux États-Unis, on les appelle des «gifted child», en France, on parle d’eux comme ayant un haut potentiel intellectuel, et au Québec, on emploie le terme «douance» lorsqu’il est question de ces enfants dont le quotient intellectuel est de 130 ou plus. La section Lanaudière-Laurentides de l’Association Haut Potentiel Québec (HPQ) propose une séance d’information, le 6 avril à Mascouche, sur cet enjeu qui touche près de 2% de la population.

Le manque d’informations et de ressources sur la douance au Québec est flagrant, selon Julie Fortin, enseignante au niveau primaire et membre responsable des activités pour la branche lanaudoise de l’Association.
– Être surdoué amène souvent un autre diagnostic, tel qu’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ou de la dyslexie par exemple
– Julie Fortin, membre responsable des activités pour la branche lanaudoise de l’Association

« C’est un concept méconnu et récent au Québec et il faut qu’il fasse son chemin. Certaines commissions scolaires québécoises ont des politiques pour enfants doués ou talentueux depuis plusieurs années, mais ce n’est pas uniforme à l’ensemble de la province », remarque-t-elle en ajoutant que même la communauté scientifique ne semble pas creuser la question.Même s’il n’existe pas une seule façon de définir le concept de douance, selon l’Association québécoise des neurologues, les spécialistes s’entendent pour dire qu’il est inné et qu’il comprend trois sphères d’habileté en interaction, soit la composante de l’aptitude intellectuelle élevée (intelligence), de la créativité et de l’implication.

« Ce sont des enfants très sensibles aux stimuli, comme aux intensités de lumière, aux sons et aux textures, décrit Mme Fortin. Ce ne sont pas des caprices, parce qu’ils ressentent mille fois ce que nous ressentons. Ils sont bombardés d’informations, d’où leur grand besoin d’être rassurés. »

Un vocabulaire élaboré et une belle syntaxe avant l’âge, une grande empathie ainsi qu’une mémoire phénoménale sont aussi des indices possibles de douance. Mais qui dit enfants doués ne dit pas nécessairement réussite exemplaire en classe, selon l’enseignante et membre de HPQ.
Quand douance rime avec TDA/H
« Être surdoué amène souvent un autre diagnostic, tel qu’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ou de la dyslexie par exemple », cite-t-elle.
Que ce soit parce que l’enfant s’ennuie en classe, parce qu’il a de la difficulté à contrôler ses émotions ou parce que ses pensées défilent à la vitesse de l’éclair dans sa tête, Julie Fortin espère mobiliser les représentants de la Commission scolaire des Affluents (CSA) autour de l’éducation entourant les enfants à haut potentiel intellectuel.
« À la CSA, il n’y a rien d’officiellement mis en place pour ces enfants. Dans les classes régulières, les enseignants font de leur mieux, mais les groupes sont très hétérogènes et il est difficile de répondre aux besoins de tous les élèves. Mon but serait de les regrouper dans une même classe », affirme-t-elle.
En tant que responsable des activités pour la section lanaudoise de HPQ, Mme Fortin a ainsi pu constater les effets bénéfiques des rencontres entre les enfants doués. « C’est impressionnant de voir comment ils interagissent entre eux. C’est comme s’ils parlaient le même langage et on dirait qu’ils n’ont même pas besoin de se parler pour se comprendre.»

Préjugés et manque de valorisation
C’est en 2012 que des parents d’enfants doués fondent l’Association Haut Potentiel Québec et ce n’est que l’automne dernier qu’une branche s’implante dans notre région. « Nous ne considérons pas que nos enfants font partie d’une élite ou sont exceptionnels, ce sont simplement des enfants au fonctionnement cognitif et émotionnel différent », partagent les fondateurs sur le site Web de l’Association.
Une phrase qui reflète les préjugés associés à la douance et auxquels doivent faire face les parents ainsi que leurs enfants présentant un haut potentiel intellectuel. « C’est comme si on était vantards: on valorise les athlètes, les artistes, mais les génies, on leur accole des préjugés négatifs alors que nous devrions les mettre en valeur », croit Mme Fortin.
Pour elle, les enfants doués d’aujourd’hui sont de futurs adultes qui, si leur potentiel est exploité adéquatement, peuvent réaliser de grandes choses. « Ils aiment aller au fond des choses et sont créatifs. Ils peuvent ainsi faire avancer la recherche », conclut-elle.
La conférence à Mascouche se veut ainsi une rencontre entre les parents d’enfants à haut potentiel intellectuel et les acteurs du milieu, soit des professionnels de l’éducation ou du domaine de la santé, afin d’amorcer un travail et une réflexion pour mieux accompagner ces enfants.
La soirée d’information de Haut Potentiel Québec se tiendra le jeudi 6 avril de 19h à 21h au 575, montée Masson à Mascouche, au Syndicat de l’Enseignement de la région des Moulins, salle Laure-Gaudreault. Pour information: lanaudiere@hautpotentielquebec.org

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