Aujourd’hui, Pauline trouve sa vie « merveilleuse ».

Par Mylène Bertaux | Le 16 septembre 2016/le Figaro Madame

Pourtant, elle garde les stigmates d’une adolescence placée sous le signe du harcèlement et de l’anorexie. Témoignage.

« Surdouée ». Quand le verdict tombe, Pauline, à l’aube de ses 30 ans, « tombe littéralement de sa chaise ». Sa vie, à l’époque, est loin de lui avoir apporté la sérénité à laquelle elle aspire. Entre harcèlement au collège, phase d’anorexie et carrière professionnelle en pointillé, elle se sent insatisfaite, sans vraiment comprendre pourquoi. Le manque de confiance et le sentiment de décalage sont pourtant symptomatiques des surdoués qui s’ignorent. Cette nouvelle a marqué un tournant dans sa vie. De bonne élève à femme accomplie, Pauline revient sur les obstacles qui ont jalonné son parcours pas comme les autres.

« J’étais une enfant très calme. Je n’étais pas remuante, ni insolente, ni première de classe puisque « ça ne se faisait pas », selon ma famille. Je suis passée inaperçue », se remémore Pauline, d’une voix cristalline. À cette époque, aucun signe ne laisse deviner son QI hors norme. Elle est une « petit fille modèle » et sa scolarité se passe sans encombre, sans jamais beaucoup travailler. « J’ai quand même sauté une classe parce que je savais lire avant le CP. Mais j’ai passé ma vie scolaire à 13 de moyenne, sans efforts. Mon maximum était de relire la leçon avant le cours. »

À son arrivée en classe de 5e, les choses changent. La collégienne se sent en décalage et n’arrive pas à se faire des amis. « Il fallait des vêtements de marque des pieds à la tête. Moi, je m’intéressais au symbolisme des mythes anciens. Forcément, j’avais du mal à trouver des gens qui avaient envie de s’asseoir sur un banc pour en parler après les cours ! » Pire que l’isolement, Pauline est harcelée au quotidien sur ses goûts, sa différence. La situation est d’autant plus difficile à accepter qu’elle ne comprend pas le fossé qui la sépare du reste de ses camarades.

Son mal-être s’est peu à peu matérialisé dans l’anorexie, puis dans une dysmorphophobie, ce trouble de l’image qui la rendait difforme à ses yeux. Elle dissimule son problème tant bien que mal jusqu’à son arrivée en fac de médecine où la pression l’étouffe. « Moi qui n’avais jamais travaillé, je me suis retrouvée avec 24 matières à réviser en même temps. » L’ambiance, délétère, lui déplaît au plus haut point. « Certains élèves étaient prêts à pousser les autres dans les escaliers pour avoir une place au concours. » Elle craque, rate sa première année, puis la deuxième.

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