Adulte surdoué : accepter le diagnostic tardif

Anne-Flore Gaspar-Lolliot//Doctissimo

Quand on apprend à 30, 40, 50 ans ou même plus tard qu’on fait partie des 2,3 % de la population à penser et fonctionner différemment, comment faire face ? Après un test tardif, certains apprennent en effet qu’ils sont surdoués. Comment accepter cette annonce comme une renaissance emplie de possibles et non comme un coup de massue nourri de regrets ? Réponses.

Les surdoués, qu’on qualifie aussi de précoces intellectuels ou à haut potentiel (HP), ne se réduisent pas qu’à un QI supérieur à la moyenne (qui oscille entre 90 et 110) : ils ont également une structure cérébrale et un raisonnement très différents des autres. Comme le résume si bien Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, référence pionnière de l’engagement en matière de douance en France et auteure de plusieurs ouvrages sur le sujet : « Être surdoué ce n’est pas être quantitativement plus intelligent que les autres mais fonctionner avec une forme d’intelligence qualitativement différente en termes de mécanismes et de processus, c’est l’alchimie entre une intelligence supérieure et une réactivité émotionnelle singulière, une hypersensibilité hyper aiguisée ».

Découvrir sa douance à l’âge adulte

On se pose rarement la question de la douance (le fait d’être surdoué) par hasard. Ainsi, Fanny, 33 ans et mère de 2 enfants, fait part d’un mal-être indéfectible bien qu’inexplicable depuis l’enfance : « Sans vivre dans l’opulence, je n’ai jamais manqué de rien et j’ai toujours été relativement préservée des épreuves difficiles. Malgré ça, je me suis toujours sentie « à part » des gens et j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à souffrir intérieurement ». Une vulnérabilité et une solitude propres à de nombreux adultes HP qui pâtissent d’une image très éloignée de l’idée que se fait généralement leur entourage d’eux. Selon Jeanne Siaud-Facchin, « L’image d’Epinal de l’adulte surdoué à la réussite sociale et professionnelle éclatante est tenace. Ce qui est logique puisqu’on se représente déjà l’enfant surdoué comme un élève forcément brillant. Malheureusement pour eux, c’est loin d’être systématique ».

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Créé le 08 janvier 2016

Sources :
–          Interview de Fanny, le 20 novembre 2015
–          Interview de Jeanne Siaud-Facchin, le 1er décembre 2015
–          Livres de Jeanne Siaud-Facchin parus aux éditions Odile Jacob : Trop intelligent pour être heureux ? L’Adulte Surdoué (2008) et Mais qu’est-ce qui l’empêche de réussir ? (2015)
–          Interview de Monique de Kermadec, le 28 novembre 2015
–          Livre de Monique de Kermadec à paraître aux éditions Albin Michel : L’Adulte surdoué à la conquête du bonheur (sortie janvier 2016

 

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