Trop intelligents pour être heureux ? Ces souffrances qu’endurent les surdoués

Et s’il fallait non pas considérer les aptitudes supérieures des « surdoués » mais plutôt se demander ce qui inhibe l’intelligence « normale » ? Et s’il n’y avait pas de « dons » particuliers, mais un type de positionnement psychique, un certain rapport au monde, qui produirait des résultats remarquables sans relever pour autant d’une faculté cérébrale ? En bout de ligne, que signifie vraiment « être intelligent » ? Extrait de « Intelligents, trop intelligents »
de Carlos Tinoco, publié aux éditions JC Lattès (2/2).

Tous les grands peintres ne se coupent pas l’oreille, tous les grands compositeurs n’assassinent pas leur femme et tous les grands mathématiciens ne laissent pas leur peau dans un duel perdu d’avance1. Pour les « surdoués », il en va de même : certains sont heureux, et beaucoup ne sont pas plus malheureux que la moyenne (ce qui, notamment à notre époque, n’est pas pour autant synonyme de bonheur). Évidemment, ceux que je reçois dans mon cabinet arrivent avec leur mal- être. C’est la loi du genre et, quand on est psy, il faut toujours conserver à l’esprit que la lentille à travers laquelle on voit le monde est trompeuse. 

Le « surdouement » charrie cependant son lot de souffrances spécifiques. D’ailleurs, un des ouvrages notables de ces dernières années sur le sujet s’intitule : Trop intelligent pour être heureux ?

Beaucoup de « surdoués » expriment la certitude que leur difficulté à vivre provient de leur différence, de l’acuité de leur regard qui les condamnerait à la souffrance. Même si la fréquence de ce ressenti subjectif ne peut être prise pour preuve, il faut du moins l’interroger. 

Quand ils parlent de leur malaise, que disent- ils ? Ce qui revient d’abord, c’est une moindre résistance à l’ennui. Avoir l’impression que le temps file sans raison, surtout quand cela leur est imposé, semble pour eux intolérable. Se mettent alors en place des stratégies, conscientes ou non, pour échapper à ce qui constitue une vraie angoisse. Le problème, c’est que certaines de ces stratégies ont elles- mêmes des répercussions coûteuses au sein des institutions qu’ils fréquentent, école ou entreprise.

La maîtresse de Gabriel n’avait jamais pu l’observer en dehors de l’école. Un jour, parce qu’elle est très appréciée par les parents de l’enfant, elle est conviée chez eux pour une fête. Là, Gabriel, tout fier de lui montrer son univers, sort son hautbois et joue pour elle. Interloquée, elle se tourne vers le père et murmure : « En un an et demi, c’est la première fois que je le vois se poser ! » À l’école, le corps tressaute, nerveusement. Parfois Gabriel détruit compulsivement ses crayons ou sa gomme.

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Extrait de « Intelligents, trop intelligents« ,  de Carlos Tinoco, publié aux éditions JC Lattès, 2014.
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