70% des surdoués sont en échec scolaire

Par Lucile Quillet Publié le 23/11/2012 

La plupart des élèves à très fort QI quittent l’école avec juste un bac. Un tiers seulement font des études supérieures. Pour éviter ce gâchis, l’académie de Montpellier vient de nommer un «référent surdoués» dans chaque département.

Surdoués, à haut potentiel, intellectuellement précoces, gifted… les termes abondent pour nommer ces personnes hors normes dont le QI dépasse 130. On les croit promis à un bel avenir scolaire, à une trajectoire de comète. Faux. Seulement un tiers des enfants surdoués font des études supérieures d’après l’Afep (Association Française des Enfants Précoces). Depuis la rentrée, l’académie de Montpellier a nommé un référent dans chaque département pour mieux détecter et gérer ces élèves. Qui souffrent souvent dans le système scolaire et se détournent des études.

«C’EST LE BORDEL DANS LEUR TÊTE»

Aujourd’hui, on les repère mieux. Mais pas toujours. Et la bérézina se poursuit. En primaire, ils sont souvent premiers. Avec leur excellente mémoire, les leçons se retiennent toutes seules. La dégringolade vient après, en général. Avec leurs neurones restés en friche, et leur cerveaux qui pensent autrement, ils ont du mal à se mettre au travail. «Ils n’ont pas appris à apprendre, ils mémorisent des choses sans en comprendre la logique. C’est le bordel dans leur tête», résume Vlinka Antelme, présidente de l’Association Française des Enfants Précoces (Afep). Les méthodes d’enseignement traditionnelles les ennuient. Leur potentiel se retourne contre eux, notamment à l’université lorsque le travail est plus important.

Eux même n’ont pas toujours conscience de leur potentiel. «Ils ne se sentent pas supérieurs. Tout ce qu’ils veulent, c’est une explication», explique Alain Siris, président de MENSA, association d’adultes précoces. Beaucoup sont passés à côté de choses qu’ils auraient aimé faire». Ils se pensent schizophrènes, bipolaires ,puis découvrent le pot-aux-roses après avoir fait le test de QI, des années plus tard. Et là, tout devient limpide.

À quarante ans, Cécile a finalement appris qu’elle était HP (haut potentiel). La fin du parcours du combattant: «Je pouvais enfin être moi-même». Ses parents savaient pourtant dès son plus jeune âge qu’elle était «précoce» mais les spécialistes leur avaient assuré qu’elle n’aurait jamais de problème et ils l’avaient laissée à une enfance innocente, du moins le pensaient-ils. «Je me sentais brimée: j’étais très curieuse et ma pensée allait loin, très rapidement. Sans que je puissefaire de choix ,ni aller à l’essentiel» . Mauvaise à l’école, c’est un petit prodige au piano, elle gagne tous les concours. «Avec la musique, je pouvais me donner au maximum, émotionnellement et intellectuellement». Elle saute une classe, redouble, obtient son bac, va à la fac, arrête. Elle construit sa vie, mais il lui manque quelque chose. Dix ans plus tard, elle reprend les études, par correspondance cette fois et réussit le concours pour être prof… au bout de la cinquième fois. «Je me voyais folle, je compliquais tout», explique-t-elle. Ses confrontations incessantes avec son tuteur la poussent à faire un test pour savoir enfin si c’était «lui ou elle qui était con!».

Aujourd’hui, elle est professeure de musique et s’occupe de la minorité d’enfants HP de son collège. «Dès qu’on explique leur différence aux enfants, ils arrivent mieux à s’épanouir. Si on m’avait coachée comme ça, je serais allée en hypokhâgne et j’aurais continué le piano. A l’époque, on m’a découragée».

UNE CHANCE ET PAS UN HANDICAP

Le monde des précoces regorge de cas particuliers. Comme Benjamin, 28ans: «je savais que ce qui était demandé n’était pas là où je performais. Mais je ne me suis jamais victimisé». Du fond de la classe, il souffle les bonnes réponses aux autres sans pour autant s’en faire des amis. Les professeurs, «voient les enfants HP d’un mauvais oeil. Pour eux, c’est encore plus de boulot».

Laurence, médecin psychiatre et responsable des admissions à MENSA, a au contraire été sauvée par l’université: «J’y ai trouvé la reconnaissance dont j’étais privée en famille». Son potentiel est à ses yeux, une chance et non un handicap.

Et aujourd’hui, elle se dit lasse des médias qui victimisent à tort et à travers les personnes précoces. Pour elle, haut potentiel ne rime pas systématiquement avec exclusion. «C’est plus difficile de se construire en ignorant qui l’on est vraiment. Mais si l’on s’écroule, c’est qu’il y a d’autres choses derrière». Depuis peu, ces cerveaux rejoignent plus facilement des clubs… pour se créer un réseau plus que pour partager leur souffrance passée. «C’est devenu un peu une mode».

Désormais, 1500 personnes passent le test pour rejoindre Mensa chaque année. Mais cet afflux est récent, au total le réseau ne compte que 1500 membres. Tandis qu’en Allemagne, MENSA aligne 12.000 membres dans ses rangs, en Angleterre ,27.000. En France, «on est très mal vu, assure Alain Siris. Ce n’est pas bien perçu de faire tester son intelligence».

le Figaro http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/554/

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