Surdons intellectuels

Anomalie de la capacité de l’appareil intellectuel

Surdons intellectuels

Les surdoués sont à l’origine de discussions idéologiques passionnées : il arrive beaucoup d’ignorer ou de méconnaître que les surdoués souffrent, à cause ou en dépit de leur don, certains nient même purement et simplement leur existence.

En apparence cependant, les surdoués sont aisées à reconnaitre. Ils présentent dans l’enfance une avance très importante du développement intellectuel, avance qui se manifeste en particulier par un apprentissage extrêmement rapide de la numération, ainsi que de la langue parlée et écrite. Quand ils sont en situation de le faire, ils apprennent aussi facilement les langues étrangères. Arrivés à l’âge adulte ; ils manifestent des capacités d’invention, de réflexion et de compréhension très supérieures à la moyenne.

Les épreuves psychométriques classent les surdoués dans le premier ou le second centile de la population de leur âge. Leur QI dépassent 130. A l’échelle de pensée logique de Longeot, ils sont très en avances sur la maturation du raisonnement et atteignent en général le stade formel b vers l’âge de 11 – 12 ans.

Cette qualité exceptionnelle du développement intellectuel n’en fait pas nécessairement des sujets heureux. Beaucoup souffrent, et parfois assez gravement pour renoncer à l’exercice de leur intelligence. Leur vie est souvent pénible. En effet, leurs intérêts intellectuels et leurs compétences ne sont pas obligatoirement appréciés par leur entourage familial, scolaire ou professionnel. Au contraire, souvent cet entourage est plein d’envie destructrice à l’égard de leur intelligence. D’autre part, leurs capacités à poser de multiples questions trop pertinentes, souvent jugées impertinentes de ce fait, et également à comprendre en un instant ce que les autres mettent des heures à apprendre, les privent souvent du bénéfice de l’indulgence réservées par les parents et les enseignants à des enfants moins malin mais aussi moins embarrassants. De plus, leur appétit intellectuel ne se satisfait pas des sujets de réflexion qui leur sont données, ils s’ennuient souvent et cherchent à se distraire suivant des modalités qui ne sont pas toujours appréciées par leurs proches.

C’est pourquoi leur scolarité soulève souvent des problèmes graves. Certains _ on soupçonne que c’est la majorité _ perdent progressivement tout plaisir à l’usage de leur intelligence et se cantonnent dans la médiocre moyenne, voire dans un statut de cancre.

D’autres développent un refus sthénique de tout apprentissage scolaire. D’autres réussissent brillamment leurs études, en avances d’une ou deux classes, et ce jusqu’au niveau de la 4ème ou de la 3ème. Ils se heurtent alors à une difficulté toute nouvelle pour eux. Jusque là, ils apprenaient et comprenait tout ce qu’ils avaient à apprendre à la première audition ou à la première lecture. Aussi, durant les sept à huit années de scolarité, ils n’avaient pas appris à apprendre, n’en ayant nul besoin. Au niveau des classes de 4 ème ou 3 ème, il n’en est plus de même, un effort devient nécessaire. Comme ils en ignorent la nécessité et la pratique, ils sont surpris de ne plus réussir comme auparavant et subissent alors une vive blessure narcissique. Faute d’aide à ce moment, ces adolescents développent une crise d’opposition grave et des conduites d’échec sur le plan intellectuel telles qu’il n’est pas rare qu’on les considère comme des débiles !

Beaucoup de surdoués enfin présentent des troubles de la personnalité en rapport avec la grande différence de maturation des processus cognitifs et intellectuels, très en avances pour leur âge, et la maturation des processus affectifs qui est simplement normales, voire retardée. Ce syndrome de dyssinchronie affectivo-intellectuelles se manifeste par divers troubles, allant de l’immaturité affective banale, jusqu’aux organisations pathologiques de la personnalité les plus graves.

Dans les cas les plus bénins d’immaturités affectives simples, ou de maturité affective banale pour l’âge, les enfants surdoués sont souvent victimes de l’illusion de leur entourage, qui les croit aussi capables de « comprendre » la nécessité de supporter certaines frustrations affectives qu’ils sont capables de « comprendre » les mathématiques, le jeu d’échecs ou l’astronomie. Comme il n’en est rien, ces enfants se sentent rejetés, soumis à des exigences excessives et injustes, les amenant à un état dépressif plus ou moins grave.

Bernard Gibello, in L’enfant à l’intelligence troublée.

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